RDC : Félix Tsisekedi peut-il réussir le pari de sortir la RDC de la pauvreté ?

Elu en fin d’année dernière au terme d’une élection contestée par son principal adversaire, le nouveau président congolais entend restaurer définitivement la paix et remettre son pays sur la voie du développement. Pour y parvenir, il compte s’appuyer sur des nations amies à l’instar de l’Angola et du Kenya, où il a choisi d’effectuer ses premières sorties officielles en sa qualité de Chef d’Etat.   

Le nouveau président de la République démocratique du Congo (RDC) Félix Tsisekedi, effectue en ce moment sa première sortie officielle à l’étranger en tant que Chef d’Etat. Il rencontre ce 6 février à Nairobi le président kenyan Uhuru Kenyatta, seul Chef d’Etat étranger à avoir assisté à son investiture le 24 janvier à Kinshasa.

La veille déjà, le successeur de Joseph Kabila s’est rendu en Angola où il a été reçu par son homologue Joao Lourenço. Les deux Chefs d’Etat en ont profité pour mettre l’accent sur la coopération bilatérale entre leurs pays respectifs en matière de migration et d’énergie avec en ligne de mire, l’électrification de plusieurs provinces angolaises comme le Cabinda grâce aux ressources hydroélectriques du barrage Inga. De nouveaux accords pourraient ainsi être signés dans les secteurs du commerce,  de la sécurité et de l’ordre public. L’on annonce par ailleurs la tenue dans les tous prochains jours à Kinshasa, d’une commission mixte Angola-RDC afin d’aplanir le cadre de cette nouvelle coopération.

Le développement dans la paix et la diversité

Elu avec 38,5% de suffrages au terme d’une élection présidentielle qui a connu plusieurs reports successifs depuis 2016, Félix Tsisekedi se veut un président rassembleur qui entend bâtir le développement de la RDC dans la paix et la diversité. Il n’est d’ailleurs pas superflu de rappeler que son mandat reste très contesté par Martin Fayulu. Arrivé deuxième lors du scrutin présidentiel du 30 décembre 2018 avec 34,5 %, celui qui avait dans un premier temps été désigné candidat commun de l’opposition réclame toujours sa victoire et n’en démord pas. Ce qui ne semble pas perturber le nouveau président congolais. « Ce que je voudrais dire aux contestataires c’est qu’ils ont eu l’occasion devant le monde entier de démontrer les moyens de leurs preuves, ils ne l’ont jamais fait. J’attends toujours la preuve de la victoire de celui qui conteste le verdict de la Cours constitutionnel, je n’ai toujours rien vu », a à cet effet déclaré M. Tsisekedi dont le nouveau gouvernement est attendu dans les tous prochains jours.

Seulement, le fils de l’ancien opposant historique Etienne Tsisekeki ne gouvernera pas seul le pays. Il sera contraint de partager le pouvoir avec le camp de l’ancien président qui a remporté les dernières législatives, et avec qui il a déjà d’ailleurs confirmé la tenue des discussions.

Comme il l’a fait savoir dans son discours d’investiture il y a deux semaines, le futur gouvernement congolais aura comme priorité : la pacification de toute le territoire national ; la lutte contre la pauvreté ; la réhabilitation et la consolidation d’un état de droit ; la lutte efficace et déterminée contre la corruption et les anti-valeurs notamment l’impunité, la mauvaise gouvernance, le tribalisme ; la valorisation du capital humain congolais par la promotion des jeunes et des femmes ; le développement des milieux ruraux ; la simplification des procédures administratives dans les secteurs clés de la vie nationale.

Rappelons qu’avec 80 millions d’hectares de terres arables accessibles, 40 millions d’hectares de terres irrigables, sa forêt équatoriale dense, un énorme potentiel hydroélectrique et un sous-sol immensément riche composé entre autres de diamant, du cobalt, du lithium (première réserve mondiale), la RDC est un des territoire les plus riches de la planète. Mais paradoxalement, l’immense majorité de sa population croupit dans la misère, vivant avec moins d’un dollars par jour.

Par Joseph Samuel Zoé