Sécurité : La zone CEMAC souffle le chaud et le froid

Au moment où le gouvernement Centrafricain et les groupes rebelles du pays sous l’égide des Nations Unies tentent à Khartoum de trouver une issue pour la paix en RCA, beaucoup d’incertitudes planent sur la stabilité de la zone.

La  Communauté économique et monétaire  d’Afrique centrale (CEMAC) fait  face à de sérieux problèmes de sécurité depuis plusieurs années déjà. Entre  le terrorisme qui sévit dans  le bassin du Lac Tchad, les velléités séparatistes des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest au Cameroun, la rébellion du  UFR  sans cesse  présente au Tchad et l’enlisement sécuritaire en République centrafricaine (RCA), les populations de cette sous-région d’Afrique ont perdu le sommeil.

Cela fait désormais plusieurs années que la RCA est en proie à une profonde crise interne qui a fait d’énormes dégâts sur le plan matériel et causé de milliers de pertes en vie humaine et des centaines de déplacés vers les pays voisins notamment le Cameroun. Après plusieurs mois de négociation, un accord a été  trouvé le 05 février avec 14 groupes rebelles  pour mettre un terme à cette crise. Cet accord traite des questions d’amnistie des ex combattants, du partage du pouvoir et aussi de l’intégration des combattants rebelles  dans les forces de défense et de sécurité du pays. Si cet accord est salué par toutes les parties ainsi que la communauté internationale, il faut craindre qu’il ne soit qu’un accord de plus qui vient s’ajouter aux huit autres qui n’ont jamais été appliqués par les parties.

Si la RCA tente à nouveau de  trouver  une solution pour le retour à la paix, Le Tchad suscite beaucoup d’inquiétudes.  Le 3 février dernier, un détachement de l’armée française a procédé à des frappes aériennes sur des cibles rebelles constituées de plusieurs dizaines de pick-up lourdement armées dans le nord du pays en provenance de la Libye qui s’infiltraient sur le territoire tchadien. Selon des sources concordantes, ces troupes étaient celles du groupe rebelle Tchadien UFR (Union des forces de Résistance). D’après le gouvernement français, ces troupes hostiles ont été mis hors d’état de nuire par la coordination Mirages 2000 avec un appui des soldats de l’opération  Barkhane.  Les rebelles  de l’UFR dénoncent une ingérence de la France dans les affaires internes du Tchad. Ceci étant,   il n’en demeure pas moins que ces colonnes lourdement armées avaient une mission moins pacifique.

Quant au Cameroun, la situation dans les deux régions anglophones reste très préoccupante malgré les appels à déposer les armes par les autorités de Yaoundé en direction des séparatistes. Sur le plan humanitaire, le pays fait face à un gros flux de réfugiés fuyant les combats en RCA et au Nigéria voisin. Le pays héberge plus de 700 milles réfugiés sans compter les déplacés internes venus des localités en crise.

La CEMAC doit donc apporter une solution globale à ce problème sécuritaire qui freine systématiquement le développement des Etats  membres et la quiétude des populations. Il est tout même encourageant pour ces puissances étrangères tels que la France, la Russie et autres qui sont aux cotés de ces Etats pour les aider à assurer au mieux leur sécurité même si  cette aide n’est pas toujours gratuite.

Par Simon Metsengue