Cameroun : Le gouvernement prône la fermeté face à l’anarchie et le désordre

Réunis dans le cadre de leur première rencontre annuelle au moment où le pays traverse une insécurité notoire dans sa partie anglophone, les gouverneurs de régions sont invités à faire de la protection des personnes et de leurs biens, leur priorité absolue.  

« Autorités administratives et renforcement de la sécurité des personnes et de leurs biens ». Le thème général de la première conférence semestrielle des gouverneurs de régions du Cameroun au titre de l’année 2019 ouverte ce 14 février à Yaoundé, en dit long sur la détermination du gouvernement camerounais à maintenir l’ordre, la paix et la sécurité dans le pays.

Comme l’a si bien rappelé à l’ouverture des travaux le ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, « il faut agir et prendre des mesures concrètes pour faire triompher la démocratie et l’Etat de droit, et pour préserver la stabilité des institutions de la république, et, partant, réunir les conditions préalables de l’émergence, véritable cause nationale ». A l’issue des assises de ce 15 février, des directives seront données aux patrons des régions qui ne devront ménager aucun effort, pour assurer sur l’ensemble du territoire national, la sécurité des personnes et des biens.

De nombreux défis sécuritaires à relever

Réputé être un havre de paix en Afrique, le Cameroun connait depuis quelques années, une instabilité notoire dans diverses parties de son territoire. La guerre contre le groupe terroriste Boko Haram en provenance du Nigeria s’étant à peine estompée tout comme la situation d’insécurité dans la région de l’Est à la frontière avec la République centrafricaine, un autre foyer de tensions est né dans les deux régions anglophones fin 2016, laissant aujourd’hui place à un véritable conflit armés entre les sécessionnistes qui revendiquent la création d’un Etat indépendant et le pouvoir de Yaoundé qui prône un Etat du Cameroun unitaire et indivisible. En plus des civils, les autorités administratives camerounaises sont régulièrement les cibles d’attaques séparatistes. La dernière en date étant celle perpétrée le 12 février dernier par des hommes armés contre le convoi du gouverneur de la région anglophone du Sud-ouest, Bernard Okalia Bilaï, avec à la clé une dizaine de blessés.

Au-delà des déplacements des centaines de milliers de personnes – 437.000 selon l’ONU- on déplore de nombreuses pertes en vies humaines chez les séparatistes mais également au sein des forces de défense camerounaises. Par ailleurs, l’économie du Cameroun a pris un sévère coup de fouet du fait du ralentissement des activités socioéconomiques dans les deux régions anglophones du pays.

A tout ce lot d’insécurité, viennent s’ajouter les tensions post-électorales qui tirent leur origine des revendications du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), dont le candidat est arrivé officiellement deuxième à la dernière présidentielle organisée le 7 octobre 2018, et largement remportée par le président Paul Biya, qui briguait à cette occasion un 7ème mandat à la tête du pays.

Maurice Kamto son président qui ne cesse dès lors de revendiquer sa victoire, a été arrêté avec une centaine de militants au lendemain des marches interdites du 26 janvier dernier dans plusieurs villes du Cameroun et à l’extérieur. Inculpé pour « rébellion, insurrection et hostilité contre la patrie », le désormais principal opposant au régime de Yaoundé est aujourd’hui écroué à la prison centrale de Yaoundé, avec 28 de ses partisans après leur passage le 12 février devant le tribunal militaire.

Par Joseph Samuel Zoé