Cameroun : Alerte aux besoins humanitaires pour refugiés

La recrudescence des attaques armées a amené des dizaines de milliers de Nigérians et Centrafricains à se réfugier dans les régions de l’Extrême-Nord et de l’Est, soit en moyenne 500 mille réfugiés dans le pays.

Les besoins humanitaires au Cameroun ont augmenté d’un tiers cette année en raison de la recrudescence de l’insécurité et de la violence, laissant une personne sur six – essentiellement des femmes et des enfants – dans le besoin d’une assistance. Aux 500 milles refugiées qui ont fui les combats au Nigéria et en RCA, s’ajoutent la situation d’insécurité qui prévaut dans la région de l’Adamaoua et celle des régions du Nord-Ouest et Sud-Ouest du pays.

Le pays se trouve alors dans une situation assez délicate s’il doit gérer ses problèmes d’insécurité interne et s’occuper en plus de 500 milles refugiés. Pourtant en 2018, le Haut commissariat aux réfugiés (HCR) a promis accompagner le pays avec une assistance qui devait s’élever à 320 millions de dollars. Mais seuls 128 millions lui a été octroyé.

Cette année, environ 4,3 millions de personnes ont besoin d’une assistance d’urgence. Les déplacements forcés ont augmenté de 82% par rapport à 2018. La recrudescence des attaques armées a entraîné des dizaines de milliers de Nigérians à se réfugier dans la région de l’Extrême-Nord du Cameroun, qui accueille déjà 138.000 réfugiés. Dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, 437.000 personnes ont été déracinées par la violence et 32.000 d’entre elles ont été contraintes de se réfugier au Nigéria voisin. Les régions de l’Est, de l’Adamaoua et du Nord accueillent 275.000 réfugiés centrafricains.

Les autorités locales, appellent la communauté internationale à travailler ensemble avec elles pour soulager les souffrances de ces populations et surtout rechercher des solutions durables. Le gouvernement camerounais a mis sur pied un plan d’urgence humanitaire de 22 millions de dollars pour soulager les souffrances des déplacés internes qui ont fui les violences dans certaines parties du pays. Ceci étant, le pays connait un nombre limité d’infrastructures hospitalières pouvant offrir des services sanitaires de base et pouvant faire face à des épidémies, l’insécurité alimentaire et la malnutrition.

Par contre si certains de ses partenaires soutiennent les actions menées par le gouvernement camerounais qui de par sa stabilité politique est une destination par excellence des réfugiés dans une zone aussi conflitogène que le golfe de guinée ou la zone du lac Tchad, d’autres sont devenus de plus en plus hostiles.

Par Simon METSENGUE