Présidentielles en Afrique de l’Ouest : le pari de la continuité ou de la rupture

Le Sénégal et le Nigeria, deux pays de la Communauté économique et douanière des États de l’Afrique de l’ouest (Cedeao), ont convié leurs citoyens aux urnes le weekend dernier pour choisir leurs dirigeants pour les prochaines années.

Si l’adversité est bien plus atténuée au Sénégal, la situation semble par contre plus complexe au Nigéria. La fin de semaine dernière a marqué une nouvelle page dans la marche vers la démocratie du Nigeria et le Sénégal. Pour le pays de la Téranga, 6,5 millions d’électeurs étaient appelés aux urnes pour choisir leur nouveau président. A la fermeture des bureaux de votes, dimanche, on a constaté aucun heurt. Jusqu’à la déclaration du moins inopportune le lendemain du premier Ministre Mahammed Boun Abdallah Dionne, au siège du parti de Macky Sall, demandant à ses militants de féliciter le président sortant pour sa « réélection » alors que les opérations de dépouillement et de recomptages n’étaient pas achevées.

Cette situation a suscité de vives critiques d’une partie la société sénégalaise. Pour le moment l’heure est au dépouillement au niveau des départements jusqu’à ce mardi. Puis ce sera le tour des régions de compiler les résultats sur le plan national. Au terme de ces opérations, les sénégalais seront fixés sur la suite des évènements. Soit se sera un second tour au cas où aucun candidat n’aura eu la majorité absolue ou alors celui qui sera crédité de plus de 50% de voix sera déclaré vainqueur.

Le même scénario concerne aussi les 72 candidats en lice à l’élection présidentielle de samedi dernier sur l’étendue du territoire nigérian. Même si deux grands favoris se sont dégagés depuis le début de la campagne à savoir le président sortant Muhammadu Buhari et son principal challenger Atiku Aboubakar. Si les résultats continuent de tomber progressivement, il n’en demeure pas moins que cette élection est du moins une consultation suffisamment difficile pour le peuple nigérian qui a perdu en une semaine, plus d’une centaine de morts.

La Force mixte multinationales (FMM) constituée par le Nigeria, le Cameroun et le Tchad a dépêché 500 soldats du contingent Tchadien pour renforcer le système de sécurité au nord Est du Nigeria. Il faudra attendre quelques jours encore pour connaitre officiellement les candidats au second tour. La situation sécuritaire est stable et les 180 millions de nigérians attendent impatiemment les résultats. Les Africains suivent de près ces deux élections qui vont déterminer l’avenir de ces pays. Soit se sera la continuité pour le mandat à venir ou alors les citoyens de ces pays feront le choix de la rupture.

Par Simon Metsengue