Cameroun : Les travailleurs étalent les freins au travail décent

Lors du lancement national de la célébration du centenaire de l’OIT le 26 février 2019, ils ont invité cette organisation humanitaire des Nations Unies à une plus grande fermeté à l’égard des Etats membres qui manquent gravement et de façon persistante à leurs obligations.

« Faire progresser la justice sociale, promouvoir le travail décent ». C’est sous ce thème que se célèbre le centenaire de l’Organisation internationale du travail (OIT) créée en 1919 par les gouvernements, les travailleurs et les employeurs du monde dans le but de promouvoir la justice sociale et les droits de l’homme et du travail internationalement reconnus, sur la base du principe fondateur selon lequel la justice sociale est essentielle à la paix universelle.

Au Cameroun, malgré les efforts entrepris dans ce sens par les autorités locales, les récriminations des travailleurs locaux pour un travail décent effectif restent nombreuses. « Quand le travailleur camerounais entend travail décent, il comprend emploi rémunéré de façon juste, il comprend respect de la dignité du travailleur et respect des normes internationales du travail, il comprend protection sociale, il comprend respect mutuel dans la relation travail et prise en compte du travailleur comme acteur incontournable de la production et de la distribution des richesses. Ce qui n’est pas toujours le cas », a martelé Rose Ndjie She, Secrétaire générale de l’Union des syndicats libres du Cameroun (USLC) lors de la cérémonie de lancement officielle de la célébration du centenaire de l’OIT au Cameroun.

En présence du Premier ministre camerounais Dion John Ngute, ainsi que de plusieurs autres membres du gouvernement, la syndicaliste a exhorté le Bureau internationale du travail (BIT) représenté par son directeur, à une plus grande fermeté à l’égard des Etats membres qui manquent gravement et de façon persistante à leurs obligations. En effet, les travailleurs camerounais revendiquent en vain depuis plusieurs décennies : une loi sur les syndicats ; la révision du code du travail ; la ratification de la convention 102 sur la sécurité sociale et de la convention 189 sur le travail domestique ; la revalorisation des prestations sociales, en particulier de la pension retraite ; au moins une rencontre annuelle entre des présidents confédéraux avec le président de la République, pour redonner vie au dialogue social.

50 conventions ratifiées en près de 60 ans de coopération

Membre de l’OIT depuis son adhésion en 1960, le Cameroun bénéficie depuis lors d’un appui multiforme qui se matérialise par le renforcement des capacités des acteurs du monde du travail dans divers domaines, l’octroi des bourses de formation, la réalisation des études de ratificabilité de certaines conventions…

En outre, certains programmes et projets phares ont été réalisés dans le cadre de cette coopération à l’instar du Programme d’appui à la mise en œuvre de la déclaration de l’OIT de 1998, relative aux principes et droits fondamentaux du travail, le Programme internationale pour l’abolition du travail des enfants, le Projet de lutte contre le travail des enfants dans la cacaoculture et l’agriculture commerciale, l’élaboration et la validation d’un Plan d’action national pour l’élimination du travail des enfants et ses pires formes au Cameroun, l’élaboration et la validation d’une Politique nationale de lutte contre la VIH/SIDA en entreprise…

Après le lancement de la célébration du centenaire ce 26 février, la suite des manifestions prévoit jusqu’en mai prochain, une table ronde sur le thème : « La contribution de l’OIT à l’humanisation du travail au Cameroun », des journées portes ouvertes et une session de renforcement des capacités des hommes de médias sur les normes internationales du travail.

Par Joseph Samuel Zoé