Cameroun : Le gouvernement dénonce l’Ingérence de l’occident

Les autorités de l’Union européenne par la voix de  Federica Mogherini,  et le sous-secrétaire d’État américain aux Affaires africaines Tibor Nagy, sont au cœur des déclarations jugées déplacées dans la politique interne du pays.

Ce début de semaine, plusieurs autorités occidentales ont tenu à s’exprimer sur la situation politique du Cameroun. Parmi elles, la haute représentante, Federica Mogherini pour le compte de l’UE qui trouve que l’arrestation de certaines figures de l’opposition participe à accroitre le malaise politique dans le pays. Par ailleurs, l’autorité de l’UE fustige la violation des droits de l’homme dans les zones en crise du nord-ouest et sud-ouest du pays,  faisant ainsi de nombreuses victimes tant sur le plan humanitaire que sur le plan économique. En guise de solution pour une sortie de crise, l’UE propose un dialogue inclusif pour une paix durable.

De son côté, l’émissaire de Donald Trump,   en prélude à sa tournée  africaine qui le mènera dans plusieurs pays parmi lesquels le Cameroun le 17 Mars prochain, a déclaré sur les antennes d’une Radio étrangère, qu’il serait sage de libérer Maurice Kamto, leader politique interpellé et en attente de jugement depuis le 26 Janvier dernier. Le sous-secrétaire d’État américain Tibor Nagy trouve que la raison pour laquelle le président du MRC est interpellé est purement politique.

De son côté, le Cameroun par la voix de son ministre de la Communication regrette de tels propos qui selon lui dénote d’une méconnaissance du dossier mais aussi de la situation sécuritaire dans ses régions en crise. Si pour le moment, l’UE est restée très mesurée et pondérée sur la situation politique et sécuritaire au Cameroun, ce n’est certainement pas le cas des Etats Unis.

Ingérence ?

Depuis la précédente Campagne électorale, le pays de Donald Trump s’est à chaque fois invitée dans la politique interne du pays parfois au mépris des règles de  non-ingérence qui devraient exister entre Etats souverains.

Pour les Américains, les personnes interpelées l’ont été pour des raisons  politiques  par conséquent, les motifs évoqués par la partie demanderesse sont à mettre de côté. Ce n’est un secret pour personne, les Etats Unis ont fait leur choix  pour une préférence autre que l’actuel chef de l’Etat  camerounais. Cela se justifie clairement par la détérioration des relations entre les deux pays depuis la présidentielle d’octobre  2018.

Au cours de cette élection, une certaine opinion  a accusé les Etats Unis de financer certains candidats de l’opposition parmi lesquels le candidat du MRC.  Des accusations niées en bloc par l’ambassade américaine du pays. Par ailleurs bon nombre de camerounais trouvent  que ceux qui financent le mouvement sécessionniste et le climat de terreur seraient pour la plupart installés aux Etats Unis et que jusqu’ici  le pays ferme les yeux malgré les plaintes des autorités de Yaoundé. Cela a participe aussi à entretenir  un climat de  méfiance des autorités du pays  vis-à-vis des Etats Unis. Cette situation tendue entre les deux pays, est-elle  prête de trouver un apaisement ? La visite le 17 Mars prochain nous le dira certainement.

Par Simon Metsengue