Algérie : quand la rue dicte la loi

Le président algérien a renoncé à sa candidature à l’élection présidentielle en début de semaine et a renvoyé la tenue de l’élection prévue le 15 Avril prochain à une date sinédie sous la pression de la rue.
Il y a maintenant plusieurs semaines que les algériens sont dans la rue pour protester contre la candidature du président sortant Abdelaziz Bouteflika pour un cinquième mandat consécutif, 20 ans après sa 1ère élection à la tête du pays. Les raisons avancées par les manifestants sont entre autre l’affaiblissement de l’homme de 1999, qui après avoir été victime d’un AVC qui l’a cloué sur une chaise roulante s’est vue considérablement affaibli par la maladie le rendant ainsi rare dans les apparitions publiques. Par ailleurs, les algériens sont préoccupés par la dégradation des conditions de vie dans le pays suite à la baisse des cours des matières 1ères notamment les hydrocarbures qui à eux seuls représentent 60 % des recettes du budget et 98 % des recettes d’exportation. Ces manifestations algériennes pacifiques et bien menées ont poussé celui-là l’actuel président algérien à renoncer à une énième candidature à la magistrature suprême.
Peut-on dire que le peuple algérien a eu ce qu’il voulait ?
Si une certaine opinion assoiffée de manifestations populaires scandent une « victoire historique » du peuple algérien, il faut tout de même noter que la situation sur le terrain s’avère beaucoup plus compliquée si tant il est vrai que l’objectif visé par le peuple était tout simplement de provoquer une alternance au sommet de l’Etat. L’élection qui est la voie démocratique de l’alternance est renvoyée à une date que seul l’actuel président maitrise. Le 4ème mandat va se poursuivre de façon illégale. On peut donc se poser la question de savoir si cette situation avait été prévue par les responsables de la société civile auteurs de ces marches ? Par la même Occasion, quelle est la garantie que le système tant décrier par la rue ne se reproduira sous une autre forme ?
Cette marche des acteurs de la société civile algérienne démontre la fragilité de l’opposition algérienne. Cela peut justifier pourquoi, celle-ci privilégie la rue plutôt que l’élection du 15 Avril qui aurait pu donner une chance ultime de sanctionner le président sortant en votant massivement l’opposition facilitant ainsi l’alternance tant souhaitée. Vivement que la transition politique dans ce pays se déroule de façon pacifique et dans l’intérêt du peuple algérien.
Proposé par Simon Metsengue