Algérie : L’armée s’implique dans la semaine à la tête du pays

Par la voie de son Chef d’Etat-major, la grande muette algérienne a demandé mardi dernier l’application de l’article 102 de la constitution qui constate l’inaptitude de   l’actuel président à diriger le pays pour cause de maladie après plusieurs semaines de grève.

Ce 26 Mars, le Chef d’Etat-major des armées  a fait une sortie pour le moins inhabituelle demandant l’application de l’article 102 de la constitution. Cet article vise à constater l’incapacité de l’actuel président Abdelaziz Bouteflika à gouverner le pays pour cause de grave maladie. Si le Conseil constitutionnel venait à accéder à cette demande, les élections présidentielles devraient suivre dans les 4 prochains mois d’après ladite constitution.

Juste après, c’est au tour de la Classe politique algérienne de commencer  à délier sa langue. Plusieurs hommes politiques soit de la majorité ou de la dissidence commencent demandent dès lors la démission de l’actuel chef de l’Etat du pays. Que ce soit au niveau  du  Rassemblement national démocratique-RND ou encore chez l’ancien Premier Ministre Ahmed Ouyahia, tous appellent l’homme de 1999 à se retirer du pouvoir.

Ceci étant, la tournure des  évènements politiques dans ce pays  montre l’échec de la classe politique algérienne surtout de l’opposition  à pouvoir conduire une alternance. Il a fallu que la société civile se mobilise puis que l’armée entre en jeu pour voir enfin apparaitre des partis ou des hommes politiques qui n’incarnent pas toujours le changement souhaité par les manifestants.

Ce qui laisse peser une grosse inquiétude sur l’après Bouteflika. En somme, la société civile s’est préparée et s’est organisée  à un changement de président. Mais ce mouvement n’est nullement pas encadré par des mouvements politiques alternatifs  capables de prendre le relais pour une bonne transition qui pourra satisfaire la jeunesse et la société civile algérienne.

Pourtant il est reproché à l’entourage de l’actuel président de se servir de son état de santé critique pour tenir les manettes du pays et le diriger sans avoir mandat.  Au-delà donc des manifestations de la rue, ou encore de la demande de l’armée, rien ne peut par contre présager la fin du régime Bouteflika.

Par Simon Metsengué