Rwanda : Paul Kagame réélu par un score à la soviétique

L’homme fort du Rwanda depuis plus de deux décennies a été plébiscité à 98% des suffrages exprimés, sur les résultats partiels portant sur 80% des bulletins dépouillés.

 Paul Kagame rempile pour la troisième fois consécutive son mandat à la tête du Rwanda. Selon les résultats partiels publiés dans la nuit du vendredi 4 aout par la Commission électorale, le candidat du Front patriotique rwandais a obtenu 98,66 des suffrages exprimés. Ses deux adversaires, l’indépendant Philippe Mpayimana obtient 0,72% des suffrages exprimés, et Frank Habineza, leader du Parti démocratique vert, le seul parti d’opposition au Rwanda, recueille 0,45% des voix.

L’écrasante victoire du candidat sortant à cette présidentielle est sans surprise.  Elle vient juste rassurer la quiétude de ses militants, qui affichaient déjà une certaine sérénité en début de journée. Dans la soirée, les militants du Front Patriotique rwandais se sont réunis à Kigali devant un écran géant installé dans un gymnase proche du stade national, pour fêter cette victoire attendue de Paul Kagame.

Un vote sans incidents et suivi

En général, le vote s’est déroulé dans le calme, sauf un petit incident entre les observateurs du parti démocratique  vert  qui se sont vus brièvement interdire l’accès aux bureaux de vote. La Commission électorale leur reprochait de ne pas avoir présenté l’original de leur document d’accréditation. Mais cela n’a pas empêché le déroulement du vote dans des conditions appréciables selon la tradition. « Comme de coutume au Rwanda, l’affluence a été forte dès l’ouverture des bureaux de vote ce vendredi ». Selon la commission électorale à la mi-journée, la participation s’élevait déjà à 80%,  la même commission affirme que  97% des 6,9 millions d’électeurs inscrits ont voté .Si le vote n’est pas obligatoire au Rwanda il est fortement encouragé par les autorités.

Paul Kagame tient les rênes du Rwanda d’une main de fer depuis 23 ans. S’il est crédité d’avoir remis le pays sur pied depuis la fin du génocide en 1994, il lui est reproché de bloquer l’ouverture à la démocratie et d’être tenté par la présidence à vie.  Il a d’abord été vice-président et ministre de la Défense, dirigeant de facto le pays, avant d’être élu président en 2000 par le Parlement. En 2003 et 2010, il a été reconduit au suffrage universel avec plus de 90% des voix.  La victoire du référendum constitutionnel en décembre 2015, lui permet de se représenter pour un quatrième et un cinquième mandat.

Par Joseph Essama