Gabon : Flambée des prix du carburant au grand dam de la population

Depuis le mois de décembre, le litre d’essence est désormais vendu avec 10 francs de plus et passe pour la première fois la barre de 600 Fcfa, une hausse record.

 Les premières mesures restrictives des institutions de Bretton Woods commencent à se faire ressentir dans le secteur pétrolier au Gabon. Depuis le 1er décembre, le prix du carburant a franchi pour la première fois la barre de 600 Fcfa (1,08 dollar) dans le pays : le litre d’essence est désormais vendu dans les stations à 605 Fcfa contre 595 francs (1,07 dollar) en novembre. Encore à 470 Fcfa (0,84 dollar) en novembre, le litre de gasoil est passé 540 Fcfa (0,97 dollar). Aujourd’hui, seuls le pétrole lampant et le gaz butane restent subventionnés en raison de leur caractère social.

Il faut dire que la hausse des prix du carburant était inéluctable au Gabon, un Etat pétrolier d’Afrique centrale. Depuis le 29 janvier 2015, le gouvernement a été contraint par le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale à supprimer les subventions accordées à l’essence et au gasoil. Une subvention qui se chiffrait à 200 milliards de Fcfa (354,5 millions de dollars) par an et qui permettait de stabiliser les prix de l’essence vendu à la pompe.

Hausses et pénuries récurrentes

Par la même occasion, Libreville avait été enjoint de libéraliser l’importation des produits pétroliers. Autant de désengagements de l’Etat qui ont entraîné la hausse graduelle du prix du carburant au Gabon : entre février et mars de cette année, le litre de carburant était passé de 565 Fcfa (1,01 dollar) à 580 Fcfa (1,04 dollar). Au même mois de mars, le litre de gasoil facturé à 510 Fcfa (0,91 dollar) contre 495 Fcfa (0,89 dollar) plus tôt. Les prix des produits pétroliers sont depuis ces mesures fixés selon les cours mondiaux du pétrole brut.

Important producteur de brut en Afrique subsaharienne, le Gabon est frappé depuis 2014 par la crise des cours du baril de pétrole. Ainsi, le pays connaît souvent d’importantes pénuries et les grèves dans le secteur sont récurrentes (comme en mars dernier). S’agissant des augmentations des prix, elles ne sont pas prêtes de s’achever comme l’a indiqué un responsable du ministère du Pétrole et des Hydrocarbures. Selon lui, le prix du carburant pourrait aller jusqu’à 1200 Fcfa (2,16 dollar) en cas d’une nouvelle flambée des tarifs sur le marché international. Entre-temps, ce sont mes populations qui en pâtissent.

Par Ange Atangana