Rétro 2017: Le Maroc a rejoint la grande famille africaine

Le royaume chérifien a fait de l’intégration africaine et sous régionale sa priorité majeure l’année dernière en réintégrant l’Union africaine (UA) et en annonçant son souhait d’adhérer à la Communauté économique des États de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO) .

Le 30 janvier 2017, le Maroc a signé son retour au sein de l’Union africaine (UA) grâce à un lobbying mené par le roi Mohammed VI. En 1984, 26 des 50 États membres de l’UA ont admis la République sahraouie (RASD) au sein de l’Organisation de l’unité africaine (OUA), ce qui a poussé le Maroc à claquer la porte cette institution et de poursuivre des affrontements armés contre les indépendantistes jusqu’en 1992.
« Le retrait de l’OUA était nécessaire : il a permis de recentrer l’action du Maroc dans le continent, de mettre aussi en évidence combien l’Afrique est indispensable au Maroc, combien le Maroc est indispensable à l’Afrique. Nous y avons réfléchi mûrement, et c’est à présent une évidence ! Il est l’heure de rentrer à la maison : au moment où le royaume compte parmi les nations africaines les plus développées, et où une majorité de pays-membres aspirent à notre retour, nous avons choisi de retrouver la famille. Une famille que nous n’avions pas véritablement quittée ! », s’est exclamé le roi Mohammed VI à la tribune de l’UA.
Le souverain a décidé de rompre avec la politique de la chaise vide qui na pas joué en sa faveur. Le royaume qui a été à l’origine de la création de l’ancêtre de l’UA, a décidé de combattre la RASD  de l’intérieur. Le pays a misé sur sa diplomatie et ses investissements sur le continent pour contrer ses adversaires « historiques » incarnés par l’Algérie, le Nigeria, l’Afrique du sud, l’Éthiopie.
Ce retour du Maroc est bénéfique pour une UA en quête de financement et d’autonomie. Rabat compte peser de tout son poids au sein de l’UA à travers son appui financier. Les velléités d’intégration du Maroc au sein de la CEDEAO sont la suite logique de cette volonté de s’imposer sur la scène africaine.
Les 15 Etats ont donné leur accord de principe au 51ème sommet de la CEDEAO les 5 et 6 juin à Monrovia. Cette adhésion permet au Maroc de contourner l’échec de l’UMA et d’institutionnaliser son ancrage au Sahel et en Afrique de l’Ouest. Cependant, de nombreuses dispositions juridiques doivent être prises pour rendre cette décision effective ; tandis que plusieurs dossiers devront être réglés, notamment monétaires et commerciaux avec la mise en place d’un Tarif extérieur commun (TEC) pour un marché de 350 millions de potentiels consommateurs. Le 52ème sommet de la CEDEAO qui s’est tenu récemment à Abuja, a décidé de reporter à 2018 l’adhésion effective du royaume chérifien en présence du roi Mohammed VI.
Par Doumbia Mahamadou