Moyen-Orient : Israël durcit le ton face aux migrants africains

Le gouvernement israélien a lancé mercredi le 3 janvier un ultimatum aux immigrés clandestins qui ont jusqu’au mois de mars prochain pour quitter l’Etat hébreux, faute de quoi ils seront emprisonnés.

En mars prochain, Israël cessera d’être la terre promise pour quelques 38 000 migrants africains en situation irrégulière. Il s’agit de la date butoir fixée par les autorités israéliennes ce 3 janvier 2017 pour que ces personnes arrivées dans la clandestinité quittent le pays. En cas de refus, les migrants concernés seront incarcérés pour une durée indéterminée.

Prime de départ

Pour ceux des clandestins qui accepteront de quitter l’Etat hébreux, ils se verront remettre un billet d’avion pour un aller simple et un chèque d’environ 3500 dollars. Jusqu’au 1er mars, les retours volontaires seront encore possibles. Mais les retardataires toucheront une prime de départ moindre que ceux partis plus tôt. Les récalcitrants eux, seront donc emprisonnés pour une durée indéterminée.

S’agissant des cas des migrants clandestins originaires d’Erythrée et du Soudan, les ONG locales ont rappelé que des dispositions ont été prises puisqu’ils ne peuvent retourner dans leurs pays. Ceci à cause de la situation politique précaire qui prévaut en Erythrée et au Soudan. Dans le cadre du programme d’expulsion des clandestins vivant en Israël, ces associations rappellent que des accords ont été signés par le gouvernement avec des pays comme le Rwanda et l’Ouganda afin que ces derniers accueillent les migrants érythréens et soudanais qui acceptent de quitter Israël.

Lutte contre l’insécurité

Depuis plusieurs années, les migrants clandestins sont tenus pour responsables de la hausse de l’insécurité et de la délinquance en Israël, notamment au sud de Tel-Aviv. Lors d’une visite au sud de la capitale israélienne en août 2017, le premier ministre Netanyahu avait promis de « rendre » ce secteur « aux citoyens israéliens ». D’où le programme d’expulsion initié ce 3 janvier par l’Autorité israélienne de la population et de l’immigration, instance rattachée au ministère de l’Intérieur.

Des chiffres rendus publics par le ministère israélien de l’Intérieur révèlent que 4 012 migrants clandestins ont quitté Israël en 2017, dont 3 332 originaires d’Afrique subsaharienne. Ceux-ci ont rejoint l’Etat hébreux par le Sinaï en Egypte entre 2007 et 2012. Avec la fermeture annoncée des centres de rétention des migrants et la construction d’une clôture électronique avec le pays des Pharaons, Tel-Aviv poursuit son combat, à sa manière, contre l’immigration clandestine sur son territoire.

Par Ange Atangana