Burundi: Vers un visa commun avec les membres de la CEA

Le document dont la signature est prévue d’ici le mois de décembre 2018, devrait permettre de faire passer les recettes touristiques du pays de 5 millions à plus de 50 millions de dollars d’ici 2020.

La date n’est certes pas encore connue, mais le Burundi devrait adopter d’ici décembre 2018, le visa commun de la Communauté Est-Africaine (CEA). Le pays va s’ajouter au Kenya, à l’Ouganda et au Rwanda qui l’ont choisi depuis 2014. Pendant 90 jours, les titulaires dudit visa pourront séjourner dans l’un ou l’autre pays membre. Le premier secteur impacté par cette mesure devrait être celui du tourisme.

Bien que florissante dans les pays de la région tels que le Kenya (729 682 touriste en 2016), la Tanzanie (1.284.279 en 2016), l’Ouganda, et même le Rwanda (1 200 000 en 2016) dont l’entrée sur le marché touristique est récente, l’industrie touristique est peu développée au Burundi. Grâce à l’implémentation du visa commun de la CEA, le pays espère faire passer ses recettes touristiques de 5 millions de dollars en 2018 à plus de 50 millions d’ici 2020.

L’initiative va permettre  de stimuler les voyages régionaux et créer des opportunités pour des touristes. Il faut néanmoins noter que le visa de la CEA ne peut être prolongé ou même modifié en un autre type de visa. Il n’est valide qu’entre pays partenaires et ne permet non plus un travail rémunéré.

Dans son document de Stratégie nationale de développement durable du tourisme, le secteur du tourisme est reconnu au Burundi comme un levier essentiel pour la croissance socioéconomique du pays et un secteur clé pour la consolidation de la paix. Le gouvernement burundais a affirmé sa volonté d’ouvrir le pays et assurer un développement durable du tourisme en tant qu’instrument efficace de la planification régionale et un moyen de renforcer le secteur privé.

Selon des chiffres connus, près de 9% des arrivées de l’aéroport au Burundi, sont des touristes de loisirs, soit environ 5.000 personnes de 2009 à 2010. Alors que le total des arrivées enregistrées en 2007 s’élève à 192 000 personnes. Le taux de croissance se situe autour de 3,5%. Pour mémoire, la croissance du PIB rwandais qui s’était élevée à 4.5 % en 2014 s’est contractée de 3.9 % avant de connaître une légère reprise en 2016 (0.9 %). L’hôtellerie, le tourisme et la construction sont les secteurs les plus touchés, ainsi que les infrastructures.

Par Jean Daniel Obama