Afrique : La riposte contre le trafic de migrants s’organise

Les représentants des pays du continent et de l’Union européenne se sont réunis à Niamey au Niger le vendredi 16 mars, pour élaborer une stratégie à même de venir à bout des réseaux de passeurs des migrants clandestins.

Le trafic des migrants préoccupe les pays d’Afrique et de l’Union européenne. Raison pour laquelle les représentants de douze pays (Niger, Sénégal, Mali, Mauritanie, Tchad, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée, Libye, Allemagne, Espagne, Italie et France) des deux continents se sont réunis le 16 mars dernier à Niamey.

Selon les organisateurs de la rencontre, il fallait amener les pays d’accueil et les pays de départ des migrants, à se parler, et à définir une stratégie commune pour lutter contre les réseaux de passeurs. Ces derniers ont engrangé entre trois et six milliards d’euros en 2015, à en croire les chiffres d’Europol, l’organe européen de la coordination policière.

Face à leurs homologues européens, les  Africains présents ont privilégié des projets de développement proposés pour « retenir » les candidats au départ. Les quatre pays européens quant à eux, ont défendu l’idée du renforcement des contrôles aux frontières.

Une traque en cours

 « Le phénomène a ralenti pour ce qui concerne le corridor du Niger et la route du centre à travers la Libye », explique un responsable ouest-africain. « Mais il reste encore des migrants et des passeurs, d’où la nécessité d’élaborer un plan commun ». Le Niger qui est à la fois pays de départ et de transit, a mis sur pied une loi drastique pour étouffer les réseaux de passeurs. Les arrestations de présumés passeurs et les saisies de véhicules ont également changé la donne. Autant de mesures qui poussent les migrants à emprunter d’autres chemins, parfois plus dangereux pour contourner les contrôles de police.

La Libye, un  autre pays touché par le phénomène, a décidé d’engager des poursuites judiciaires contre les présumés convoyeurs de migrants. Le bureau du procureur général libyen a annoncé mercredi dernier, l’émission de 200  mandats d’arrêt  contre des trafiquants libyens et étrangers impliqués dans un vaste réseau d’immigration clandestine vers les côtes européennes. Ils sont accusés de traite d’êtres humains, et directement ou indirectement de tortures, de meurtres et de viols sur des migrants.

Selon l’Agence européenne des frontières extérieures (Frontex), 140 000 personnes sont entrées illégalement en Europe en 2016. En 2017, 124 filières « africaines » d’immigration clandestine ont été démantelées en France seulement.

par Joseph Essama