Afrique de l’ouest : Une zone économique spéciale transfrontalière en gestation

Le Premier ministre (PM) malien Soumeylou Bobèye Maïga et ses homologues du Burkina Faso et de la Côte d’Ivoire ont signé ce lundi 14 mai, la déclaration d’engagement de ce projet inédit dans la localité de Sikasso dans le sud du Mali, baptisée l’espace « Sikasso-Korhogo-Bobo » (SKBO).

La misère est un engrais fertile pour le terrorisme. A cause de la désespérance, la pauvreté ambiante, les populations se retrouvent très souvent sous l’influence des groupes du mal. Il y a donc lieu à l’action. Quoi de mieux que le développement socio-économique ? Le Burkina Faso, le Mali et la Côte d’Ivoire qui entretiennent depuis des dizaines d’années des relations de coopération transfrontalière fécondes, comptent donc sur ce développement pour faire reculer le terrorisme dans la sous-région.

Pour concilier les trois fronts, ils réfléchissent sur la création d’une « zone économique spéciale » au profit de leurs peuples respectifs, qui ira de Sikasso au Mali, en passant par Bobo-Dioulasso au Burkina Faso, pour relier Korogho en Côte d’Ivoire. Ce projet qualifié d’intégrateur va accélérer le développement économique des trois pays. Communément appelée « Triangle du balafon », cette zone qui sera dédiée à des activités économiques à fort impact et avec une forte main d’œuvre, permettra de regrouper des industriels et des entrepreneurs dans divers domaines : l’agro-industrie, l’agrobusiness, le transport, la communication entre autres. Selon le gouvernement malien, le projet permettra de doter la zone économique spéciale d’infrastructures adéquates.

C’est donc un agenda chargé qu’ont eu les PM  burkinabé, Paul Kaba Thieba, malien, Soumeylou Boubèye Maïga et ivoirien, Amadou Gon Coulibaly. Ils ont en effet procédé ce lundi 14 mai à la signature de la déclaration d’engagement. Ceci pour matérialiser le démarrage effectif du projet sous régional. Cette rencontre a permis de définir les contours de ce projet d’intégration entre les trois régions frontalières, notamment au niveau fiscal et de mettre en place un cadre de pilotage.

Pour l’instant, les informations ne filtrent pas encore sur le délai de réalisation du projet et les moyens alloués pour y parvenir. Mais il bénéficie déjà tout de même du soutien de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) et de plusieurs autres partenaires techniques et financiers qui sont très attentifs à la création de cette synergie entre les acteurs du développement des localités concernées. Pour ses admirateurs, le projet pourra servir de modèle pour l’ensemble de l’UEMOA.

Par Hermine Anenigne