Insécurité alimentaire : La FAO tire la sonnette d’alarme dans le Sahel 

L’organisation onusienne a lancé un appel pour soutenir 4 millions de personnes faisant face à de nombreuses difficultés dans la région.

Alors que les populations de la bande sahélienne peinent à se remettre des dernières vagues de sécheresse de 2017, le même scénario est en passe de se reproduire. Selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), une nouvelle vague de sècheresse accrue va s’étendre du mois de mai au mois d’août prochain avec plusieurs conséquences socio-économiques dans la région.

D’après l’organisation onusienne, 4 millions de personnes vivant dans six pays (Mali, Burkina Faso, Tchad, Mauritanie, Niger et Sénégal) de cet espace sont exposés. Répondant à l’appel de la FAO, la Suède vient d’octroyer près de 10 millions de dollars pour soutenir les agriculteurs et les éleveurs de cette partie de l’Afrique, avec une attention particulière pour ceux du Mali et du Burkina Faso.

Le secteur agropastoral est lourdement touché par la sécheresse. Outre la hausse vertigineuse des produits alimentaires, de nombreux pâturages et les récoltes se meurent faute de précipitations, entrainant ainsi la rareté de la bonne herbe pour le bétail. Cette situation entraine des conséquences graves sur la nutrition et la santé des populations, faisant le lit des conflits et des épidémies de toutes sortes.

Besoin d’aide

L’appel que lance la FAO à l’endroit de la communauté internationale s’avère très urgent pour les prochaines semaines. En somme, les fonds recherchés pourront soulager 4 millions de personnes dont 3 millions d’agropasteurs. Pour l’heure , outre l’appui de la suède à travers l’ASDI,  l’institution onusienne table sur une aide en faveur d’un million d’agriculteurs et d’éleveurs dans ces six pays en distribuant du fourrage pour leur bétail, en réhabilitant les points d’eau, en restaurant les pâturages, en vaccinant le bétail, en mettant en œuvre des programmes de rémunération contre travail, en soutenant la production alimentaire et en engageant un dialogue transfrontalier en vue de réduire les conflits.

Sur le plan sous régional, le Comité permanent inter États de lutte contre la sécheresse dans le Sahel (CILSS) regroupant  le Burkina Faso, le Cap Vert, la Gambie, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Sénégal et le Tchad avait vu le jour l’année dernière pour prévenir, sensibiliser et faire face à la menace permanente que constitue la sécheresse dans cette partie de l’Afrique. Ce Comité est à pied d’œuvre dans la sensibilisation de la communauté internationale. Il ne reste plus qu’à souhaiter une forte mobilisation africaine et internationale pour éviter un autre drame sur le   continent.

Par Simon Metsengue