Environnement : L’Afrique noyée dans un océan de plastique

La Journée mondiale de l’environnement célébrée chaque 5 juin permet de constater que le continent paye encore le lourd tribut de la pollution liée aux déchets plastiques.

Selon des chiffres des Nations unies, plus de 4,4 millions de tonnes de plastiques se retrouvent dans les mers et océans en Afrique chaque année. Un constat alarmant qui démontre que la gestion des déchets plastiques en général continue d’être un gros problème.

Or, l’on a souvenance du combat mené par nombre de pays africains pour limiter la pollution au plastique jetable. De nombreuses initiatives ont été entreprises par le Maroc, le Rwanda, le Kenya, le Cameroun ou encore la Côte d’ivoire dans ce sens. Au Cameroun par exemple, une ONG récupère tous ces déchets plastiques pour fabriquer des pavés. Dans le cadre de la célébration ce 5 juin de la Journée mondiale de l’environnement, le ministre camerounais de l’Environnement a appelé les uns et les autres à prendre des dispositions pour la réforme de ces déchets pour éviter de polluer l’environnement autant que possible.

Du côté de la Côte d’Ivoire, la BAD a félicité l’initiative prise par le gouvernement d’interdire la production, l’importation et la vente de sacs en plastique à usage unique dans le pays. Pour dire que la lutte contre la pollution fait bel et bien son chemin en Afrique mais jusqu’ici, les efforts menés semblent encore insuffisants pour le simple fait que les plastiques sont devenus incontournables dans le quotidien.

Difficiles applications

Malgré les interdictions, le plastique continue de circuler car léger et peu coûteux à produire, bien qu’il constitue un danger pour la santé humaine et l’environnement. Ces produits issus du pétrole sont aussi de gros émetteurs de gaz à effet de serre et donc de vraies plaies pour les collecter et les recycler après usage. Ce qui fait qu’en moyenne, près d’un tiers des plastiques jetables échappent aux systèmes de collecte mis en place dans les différents pays, et se déversent ainsi dans la nature.

L’édition 2018 de la Journée mondiale de l’environnement placée sous le signe de la lutte contre le plastique, est donc un appel des Nations unies à renoncer à ces produits dérivés du pétrole qui, charriés par des cours d’eau, se rassemblent pour donner ce qui est désormais considéré comme le « septième continent ».

L’ONU indique également que si rien n’est fait d’ici 2050, il y aura plus de plastique que de poissons dans les océans. Alarmant, quand on sait qu’ils mettent plus de 1 000 ans à se décomposer et finissent sous forme de micro-résidus dans les assiettes et l’eau courante, tout en polluant l’air que nous respirons. Comme le préconise les Nations unies, il est plus que jamais nécessaire de repenser l’utilisation du plastique.

Par Hermine Anenigne