Pesticides: Opportunité ou menace pour la sécurité alimentaire en Afrique?     

Un partenariat stratégique entre la FAO et le Comité inter-état des pesticides d’Afrique centrale (CPAC) est en gestation, dans le but de mettre en place un cadre de collaboration sur les questions liées à la sécurité alimentaire par l’utilisation des produits phytosanitaires compatibles avec les normes internationales dans la sous-région.

L’agriculture occupe de nos jours une place prépondérante dans les économies africaines à l’instar du Cameroun, où elle est l’une des principales sources de revenus du pays. Mais sa production est caractérisée de plus en plus par l’usage d’engrais minéraux pour la fertilisation du sol et de pesticides pour la lutte contre les adventices et le traitement phytosanitaire des plantes cultivées. Le besoin d’augmenter la production et la productivité agricoles conduisent les paysans à utiliser ces produits chimiques de synthèse qui témoigne très souvent, soit de l’ignorance et de la non sensibilité des usagers sur les méfaits des pesticides sur l’environnement.

Ainsi, les problèmes phytosanitaires se posent avec acuité dans le secteur agricole et agro sylvicole sur le continent. Du fait de leur usage abusif, l’on estime à 90% la destruction de la microflore et faune d’un sol cultivé contaminé par les pesticides, ce qui crée un cercle vicieux. Car plus ils sont utilisés, plus ils fragilisent le sol et donc les cultures qui y poussent. En entiers ou fractionnés, ils contaminent directement les aliments au-delà des teneurs maximales autorisées. Conséquence, les dégâts causés par ces pesticides sur les écosystèmes et sur l’homme sont très importants, bien qu’encore sous-estimés. 

C’est fort de cela qu’au cours d’une réunion tenue jeudi 21 juin 2018 entre la FAO et le CPAC, les deux parties ont discuté sur des perspectives d’un partenariat futur entre eux dans le domaine de la promotion de l’utilisation efficace et raisonnée des pesticides homologués, en vue de réduire au maximum les risques potentiels sur la santé humaine et l’environnement. Lors des échanges, ils ont souligné tout aussi la nécessité de collaborer dans le renforcement des capacités des cadres et des utilisateurs des produits chimiques pour une meilleure sensibilisation sur les questions liées à leur usage.

Pour Helder Muteia, coordonnateur du Bureau sous-régional de la FAO pour l’Afrique centrale, « il s’agira de développer des partenariats avec tous les différents acteurs impliqués dans le développement de l’agriculture, de mutualiser les efforts dans nos interventions pour atteindre des meilleurs résultats en vue d’accompagner les États à assurer la sécurité alimentaire et nutritionnelle des populations de la sous-région ». Le directeur général de CPAC, Auguste Itoua, s’est pour sa part réjoui de cette rencontre fructueuse qui permettra « de mettre en place un cadre de collaboration entre la FAO et l’institution qu’il représente ».

Rappelons que le Comité inter-Etats des pesticides d’Afrique centrale (CPAC) est une institution spécialisée de la Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale (CEMAC) ayant son siège à Yaoundé au Cameroun. Il a pour mission : l’assainissement de la production agricole pour la préservation de la santé des consommateurs locaux et celle de l’environnement, ainsi que la compétitivité de cette production dans le marché international.

Par Hermine Anenigne