Cameroun : la visite de l’émissaire français n’apaise pas les tensions à Buea

Selon certaines sources policières ayant requis l’anonymat, un officier de police aurait été enlevé dans la journée du 29 Juin et retrouvé mort par la suite à Buea, chef-lieu de la région du Sud-Ouest Cameroun lors de la visite du Secrétaire d’Etat français aux affaires étrangères et de l’Europe dans cette partie du pays.


Cet énième assassinat d’un membre des forces de sécurité, témoigne à suffisance le niveau de dégradation de la situation dans cette partie du Cameroun. Pendant que la communauté nationale et internationale appellent au calme et au dialogue, on note dans le théâtre des opérations, un regain de tension et la difficulté pour les forces de sécurité camerounaises de veiller à la sécurité des biens et des personnes dans cette partie du pays sans être attaquées ou tuées.
Arrivé à Buea sous forte escorte militaire, l’émissaire français a pu toucher du doigt, la situation hautement tendue qui sévit dans la région du Sud-Ouest du pays. Pendant son court séjour, il y a eu de vifs affrontements dans trois quartiers, notamment, Muea, Mille 6 et Mille 8. Ces affrontements ont duré plusieurs heures faisant fuir des milliers de personnes. Pour l’heure, on note selon les sources locales concordantes, plusieurs morts du côté des séparatistes et un officier de police du côté des forces de l’ordre.
Si jusqu’ici le gouvernement camerounais n’a fait aucun bilan, il n’en demeure pas moins que la situation bien que sous contrôle dans toutes ces deux régions où sévissent les séparatistes, reste très tendue et peut dégénérer à tout moment. Le dialogue et la retenue dont appelle la communauté internationale sont difficilement réalisables dans la mesure où en face de l’Etat du Cameroun, on n’a pas d’interlocuteurs pour engager des pourparlers de paix.
Cette situation rend l’Etat du Cameroun seul responsable des victimes, même celles qu’il n’a pas commises du fait qu’après l’arrestation des leaders séparatistes, il ne semble pas avoir eu de reconstitution à la tête de ce mouvement séparatiste. La lutte séparatiste devient donc incontrôlée et prompte à des dérapages.

Par Simon Metsengue