Côte d’ivoire : 72 heures pour former un nouveau gouvernement

Le Premier ministre Amadou Gon Coulibaly a été reconduit à son poste après la dissolution de son équipe gouvernementale par le président Ouattara mercredi dernier.

La crise entre le Rassemblement des républicains (RDR), d’Alassane Ouattara, et le Parti démocratique de Côte d’ivoire (PDCI) atteint des sommets. Un nouvel épisode s’est ouvert le mercredi 4 juillet avec la dissolution par le président ivoirien, de l’équipe gouvernementale conduite par Amadou Gon Coulibaly.

Ce dernier a été maintenu au poste de Premier ministre (PM) et a été chargé de nommer de nouveaux ministres issus du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP, qui rassemble le RDR, le PDCI et d’autres formations politiques) et de la société civile.

Depuis plusieurs mois maintenant, les deux formations politiques phares du RHDP n’arrivent pas à s’accorder sur la création d’un parti « unifié » tel que voulu par le Rassemblement des républicains. Pour le parti du chef de l’Etat, la création de cette formation politique doit intervenir avant la prochaine présidentielle prévue en 2020. Tout le contraire du PDCI qui souhaite la formation de ce parti après l’échéance électorale de 2020. Ayant soutenu le candidat de son allié le RDR (Alassane Ouattara, ndlr) lors des deux dernières présidentielles, le PDCI attend un retour d’ascenseur pour 2020 et ne souhaite donc pas la mise en place du parti unifié avant cette élection.

Le gouvernement des récompenses

Selon certains observateurs, la deuxième équipe du PM Coulibaly va récompenser ceux qui au sein du PDCI, soutiennent la création du parti unifié. Lors d’un meeting du RHDP en mai dernier, le président Ouattara lui-même avait annoncé implicitement que l’Union pour la Côte d’ivoire (UPCI), qui s’était opposée à la création du parti unifié (contrairement au PDCI), ne comptera aucun membre dans le prochain gouvernement.

Le gouvernement dissous comptait dans ses rangs une douzaine de ministres issus du PDCI, la plus vieille formation du pays aujourd’hui dirigée par l’ancien président Henri Konan Bédié. Des dissensions commençaient à se faire ressentir au sein du Parti démocratique de Côte d’ivoire concernant la proposition du RDR. Ainsi, Kobenan Kouassi Adjoumani, alors ministre des Ressources animales et halieutiques, a lancé il y a quelques jours un mouvement dissident au sein du PDCI favorable à la création du parti unifié. Ce mouvement a d’ailleurs reçu le soutien de plusieurs autres ministres du PDCI.

Toujours avec en ligne de mire la présidentielle de 2020, le prochain gouvernement ne devrait pas être un obstacle en cas d’une nouvelle candidature du président Ouattara. Alors que la loi ne lui autorise pas un troisième mandat, Alassane Ouattara n’avait pas exclu sa candidature dans une interview accordée à des confrères en juin.

Par Ange Atangana