Présidentielle au Cameroun : Paul Biya lève le doute

Le président sortant, candidat à sa propre succession depuis ce 13 juillet, devrait avoir en face de lui le 7 octobre prochain, une dizaine d’opposants ayant jusqu’ici manifesté leur désir de le suppléer à la tête du pays.

Le mystère sur la candidature de Paul Biya, à la prochaine élection présidentielle prévue au Cameroun le 7 octobre 2018 est levé. L’actuel Chef de l’Etat camerounais, au pourvoir depuis 1982, a annoncé ce vendredi 13 juillet sur sa page twitter, son intention de briguer un nouveau mandat de sept ans à la tête du pays. « Chers Compatriotes du Cameroun et de la diaspora, conscient des défis que nous devons ensemble relever pour un Cameroun encore plus uni, stable et prospère, j’accepte de répondre favorablement à vos appels pressants. Je serai votre candidat à la prochaine présidentielle », peut-on lire en substance dans le tweet rendu public à cet effet par le candidat.

L’officialisation de la candidature de « L’homme lion » n’est donc plus qu’une simple question de formalité. Son parti, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) dont il est le président national et par conséquent le candidat naturel selon les textes de bases, n’aura plus qu’à entériner cette annonce auprès d’Elections Cameroon (Elecam), qui reçoit jusqu’au 19 juillet prochain les dossiers de candidatures.

En attendant que cette structure en charge de l’organisation des élections dans le pays donne la liste officielle de tous les candidats à la présidentielle au plus tard le 8 août prochain, plusieurs hommes politiques, notamment de l’opposition, se sont dits prêts à briguer la magistrature suprême. Certains n’ont même pas attendu le décret présidentiel de lundi dernier convoquant le corps électoral pour afficher leurs ambitions.

De nouveaux adversaires face à Biya

Contrairement aux derniers scrutins présidentiels, Paul Biya, le président sortant, va affronter en 2018 de nouvelles têtes au sein de l’opposition. Parmi elles, maitre Akéré Muna, fils de l’ancien premier ministre du Cameroun anglophone et président de l’Assemblée nationale Salomon Tandeng Muna. Il a été l’un des premiers à se déclarer pour la succession de Paul Biya il y a pratiquement un an. L’avocat de 65 ans, initiateur du mouvement « NOW », une plateforme regroupement plusieurs formations politiques, compte se présenter sous la bannière du Front populaire pour le développement (FPD) qui l’a investi comme candidat le 23 juin 2018.

L’opposition camerounaise compte d’autres candidats de poids. Et Joshua Osih, 49 ans, en fait partie. Son grand avantage est qu’il est issu du Social Democratic Front (SDF), le principal parti d’opposition qui l’a investi à une écrasante majorité en février 2018. Le député élu de la circonscription du Wouri centre bénéficiera aussi de l’appui de son président de parti, le charismatique Ni John Fru Ndi, adversaire historique de Paul Biya.

Tout comme Joshua Osih, le professeur Maurice Kamto, 64 ans, ancien membre du gouvernement de Paul Biya, représente aussi un espoir de changement pour l’opposition camerounaise. L’ancien avocat du Cameroun devant la Cour Internationale de justice (CIJ) a été choisi en avril dernier par son parti, le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), pour en être le candidat à présidentielle.

Des jeunes loups aux dents longues

Hormis ces trois cadors, des jeunes loups aux dents longues affichent eux aussi leurs ambitions pour la prochaine présidentielle au Cameroun. Cabral Libii, à l’origine du mouvement « 11 millions d’inscrits sur les listes électorales au Cameroun », se positionne en ligne de mire. A 39 ans, il a été investi début février 2018 par le parti « Univers » du professeur Nkou Mvondo, qui continue néanmoins à plaider pour les primaires de l’opposition afin de présenter un candidat unique.

D’un an plus jeune que Cabral Libii, l’homme d’affaire par ailleurs conseiller municipal à Douala IV, Serge Espoir Matomba, candidat du Peuple Uni pour la Rénovation Sociale (PURS) caresse le rêve de remplacer Paul Biya. C’est également le cas pour l’activiste et ingénieur agronome Bernard Njonga du parti « Croire au Cameroun »(CRAC), le journaliste Chantal Roger Tuile, président du parti politique « Debout le Cameroun » ou encore Hilaire Kamga de l’Offre Orange qui milite lui aussi en faveur d’une candidature unique de l’opposition.

Pour le reste, Garga Haman Adji de l’Alliance Pour la Démocratie et le Développement (ADD), Olivier Bilé candidat de l’Union pour la fraternité et la prospérité (UFP) et Jean Jacques Ekindi qui a annoncé sa candidature le 12 juillet dernier, ont déjà eu à se présenter au moins une fois à une élection présidentielle au Cameroun. Et il n’est pas exclu que d’autres candidats se dévoilent avant la date butoir du 19 juillet.

Par Joseph Samuel Zoé