Burkina Faso: Des initiatives pour booster le développement énergétique

La Banque africaine de développement (BAD) a approuvé le 19 juillet dernier un financement de 18 millions d’euros en faveur du pays. L’objectif est d’appuyer les réformes entreprises par le gouvernement local en vue d’accroitre l’accès à l’électricité au sein de la population burkinabè.

Le Burkina Faso fait face à un déficit énergétique structurel qui engendre des délestages fréquents. Avec le développement des activités économiques et la croissance démographique, le pays éprouve des besoins énormes en énergie. A cela s’ajoutent des coûts d’approvisionnement de plus en plus élevés, qui affectent la compétitivité de l’économie et limitent l’accès des énergies modernes à une large majorité des ménages.

Les difficultés d’accès à l’énergie sont d’autant plus grandes que des millions de Burkinabè en particulier les femmes, se trouvent obligés de recourir à la biomasse traditionnelle qui entraîne de gros problème sanitaire, avec des niveaux élevés de décès résultant de pneumonie. Cette situation affecte malheureusement l’industrialisation du Burkina qui affiche l’un des taux d’accès à l’électricité les plus faibles en Afrique subsaharienne.

Pour remonter le creuset énergétique dans le pays, assurer l’égal accès des populations aux énergies modernes et favoriser la compétitivité de l’économie, le Burkina Faso a engagé depuis quelques années une série de réformes dans le secteur de l’énergie. Le gouvernement burkinabé a fait le pari du mix énergétique qui consiste à transiter vers les énergies vertes et renouvelables, notamment l’énergie solaire. L’objectif visé étant de parvenir à doubler le taux d’électrification en milieu rural et assurer un accès fiable à l’électricité à 25 % de la population entre autres.

Pour soutenir ces réformes, la  BAD a validé le 19 juillet 2018 à Abidjan, un financement de 18 millions d’euros du Fonds africain de développement (FAD) en faveur du Burkina Faso. Le financement, qui sera décaissé en deux tranches (12 millions d’euros et 6 millions d’euros) vise de ce fait, à soutenir les efforts entrepris par le gouvernement pour réduire le gap énergétique dans le pays à travers le programme PARSE (Programme d’appui aux réformes dans le secteur de l’énergie) dont le but premier est la création des conditions d’un accès inclusif à l’énergie au Burkina. L’amélioration du cadre institutionnel et règlementaire devrait aussi favoriser un accroissement des investissements privés dans la production et la distribution d’énergie.

Notons aussi que le gouvernement burkinabé va également installer des “Backups solaires” dans plusieurs ménages ainsi que dans de petites et moyennes entreprises à l’aide d’un “prêt solaire à taux zéro-crédit revolving”. Le pays a par ailleurs l’intention d’investir plus de 1 000 milliards de F CFA (1,5 milliard d’euros) dans des projets énergétiques d’ici à 2020, pour devenir ainsi un acteur majeur dans le domaine.

Par Hermine Anenigne