Cameroun : Le développement à travers la culture 

Les manifestations culturelles organisées par quelques entrepreneurs et soutenus par les pouvoirs publics, sont devenues les seules occasions pour les artistes locaux de se démarquer et ainsi contribuer au rayonnement du pays.

Le Festival national des arts et de la culture (FENAC) qui s’achève ce 20 juillet à Bertoua se veut une plateforme d’expression pour les vedettes et autres génies de la scène culturelle camerounaise et étrangère. A ce sujet, Narcisse Mouelle Kombi livrait à des confrères avant le début du festival que « le secteur des arts et de la culture doit être perçu comme une opportunité unique pour résorber les problèmes d’emplois de jeunes par exemple, puisque le dynamisme de nos jeunes créateurs s’inspire beaucoup de notre patrimoine culturel ».

Au-delà d’exposer la richesse et le patrimoine culturel du Cameroun, le FENAC et les autres manifestations permettent de magnifier le vivre-ensemble des Camerounais, valoriser les trésors de chacune des aires linguistiques du pays, découvrir de nouveaux talents et les dernières innovations, et même offrir des cadres d’échanges pour faire face aux difficultés du monde culturel en général.

Résilience

Rendez-vous phare du cinéma africain depuis plus de vingt ans, le Festival international « Ecrans noirs » cache bien les difficultés du monde cinématographique local. Au-delà de la qualité des productions camerounaises souvent approximatives, la carence des protagonistes professionnels et l’éternel manque de financements pour accompagner le domaine, « Ecrans noirs » constitue aujourd’hui l’unique vitrine pour valoriser le cinéma camerounais, ce d’autant plus le pays ne compte plus de nombreuses salles comme à l’époque. Aussi, songeant à l’avenir du septième art, la direction du festival s’est lancée dans la formation des futurs visages du petit écran au Cameroun.

Bassek Ba Kobhio, le promoteur de festival, confiait récemment qu’il doit souvent puiser dans ses ressources personnelles pour pouvoir organiser cet événement. C’était lors d’une conférence organisée en prélude à la 22e édition qui court jusqu’au 20 juillet. Malgré les difficultés rencontrées çà et là, les « Ecrans noirs » institués depuis 1997 se tiennent chaque année. Mesurant l’opportunité et l’importance de ce rendez-vous du septième art, les pouvoirs publics accompagnent depuis peu la tenue des « Ecrans noirs ». Dans ce sens, on peut également comprendre le parrainage du président Paul Biya pour cette édition 2018 du FENAC.

Epanouissement de l’artiste

Créé en 1991, le FENAC a connu des périodes difficiles qui reflètent les maux du domaine des arts. Ouvert pour la première fois sous le nom de Festival des arts et de la culture (FESTAC), cet événement biennal ne s’est pas tenu en 2010, 2012 et 2014, à cause « des contraintes budgétaires et politiques ». Après ces trois éditions loupées, ce n’est qu’en 2016 que le festival a fait son retour.

Selon le ministre de la Culture camerounais, l’édition de Bertoua a permis davantage de poursuivre la réflexion sur le statut de l’artiste camerounais. Comme il est de coutume, des artistes locaux et de la diaspora (au nombre de 40) seront primés au cours de la 9e édition du FENAC. Des distinctions qui rappellent leur œuvre pour le rayonnement de la culture camerounaise tant sur le plan national que local. De même, un monument baptisé « Symphonie nationale » a été érigé à Bertoua, symbole de l’unité du pays dans sa diversité artistico-culturelle.

Par Ange Atangana