Chine-Afrique : Vers un flux d’échanges de 400 milliards de dollars en 2020

La visite actuelle du président chinois sur le continent africain permet de revisiter la coopération entre l’empire du milieu et l’Afrique qui dure déjà plus d’une décennie et dont les chiffres parlent d’eux-mêmes.  

La coopération entre la Chine et l’Afrique progresse rapidement depuis une quinzaine d’années, suite à l’accroissement rapide des investissements chinois en Afrique et de l’explosion de la valeur des échanges commerciaux. En moins de deux décennies, la région est devenue l’un des partenaires économiques stratégiques du géant asiatique. Le continent connait un boom des projets d’infrastructures, gérés et financés à des tarifs préférentiels par le premier pourvoyeur de fond du continent.

Nouvelle impulsion

Premier partenaire économique de l’Afrique pour la huitième année consécutive, la Chine veut profiter de la tournée africaine de son président pour accroître de plus en plus le développement de ses liens avec le continent. Le but est de donner une nouvelle impulsion à la coopération sino-africaine. Et les résultats sont déjà palpables.

Depuis le début du périple du président Xi Jinping dans la région, de nombreux accords ont été signés dans le but renforcer ses liens économiques entre l’empire du milieu et le continent dont il reste le premier partenaire depuis 2009. Cette volonté s’est affirmée mardi 24 juillet par la décision de Pékin, d’investir 14 milliards de dollars en Afrique du Sud dans différents secteurs, dont le développement des infrastructures, l’économie des océans, l’économie verte, les sciences et technologie, l’agriculture, l’environnement et les finances.

Notons que durant le week-end dernier à Dakar, dix accords bilatéraux non détaillés, ont été également paraphés entre la Chine et le Sénégal portant sur les infrastructures, la justice, l’aviation civile et très probablement l’énergie.  Pareil au Rwanda lundi 23 juillet, où c’est une quinzaine d’accords qui ont été signés entre les deux parties dans le domaine des infrastructures routiers, la santé et le développement du nouvel aéroport rwandais de Bugesera entre autres. Ces accords, dont les montants n’ont pas été dévoilés, représentent plusieurs millions de dollars.

Par ailleurs, cette tournée sert aussi de préparatifs au prochain Forum sur la coopération Chine-Afrique (FOCAC) qui se tiendra en septembre 2018 à Pékin. A cette occasion, la Chine a promis une nouvelle aide financière au développement de l’Afrique, d’une valeur de 60 milliards de dollars. Cet argent pourra servir à amorcer une nouvelle étape dans la coopération sino-africaine. A cet effet, Pékin s’est également engagé à aligner ses interventions dans le cadre de l’initiative «la Ceinture et la Route » avec ceux du continent notamment l’agenda 2030 des Nations unies pour le Développement durable, ainsi qu’avec l’agenda 2063 de l’UA et bien d’autres stratégies de développement des pays africains.

Coopération en chiffres

Quelques chiffres illustrent à suffisance la relation Chine-Afrique. En effet, en 2000, le commerce sino-africain était estimé à 10 milliards de dollars, selon la Johns Hopkins School of Advanced International Studies, à Washington. En 2014, il a atteint 220 milliards de dollars, avant de connaître une baisse liée à la chute des prix des matières premières. Ce qui fait qu’en 2017, les exportations tout comme les importations étaient estimées à plus de 85 milliards de dollars.

Notons que la Chine est le premier pourvoyeur en fond de l’Afrique et contribue à environ un sixième du total des prêts accordés au continent. L’effectif des entreprises chinoises en Afrique dépasse les 1000 unités. Pour fin 2018, plus de 35 milliards de dollars d’investissement à des taux préférentiels sont donc prévus à cet effet pour l’Afrique par le gouvernement chinois. Et d’ici en 2020, le montant des échanges commerciaux entre la Chine et l’Afrique devrait atteindre la barre des 400 milliards de dollars. C’est l’objectif que s’est fixé Pékin et tout porte à croire, vu l’évolution des choses, que cet objectif est bien réalisable.

Par Hermine Anenigne