Bénin : Trois députés en disgrâce

Accusés entre autres de corruption, abus de confiance, blanchiment de capitaux ou encore de trafic illicite, les honorables Hinnouho Atao, Valentin Djenontin et Idrissou Bako ont vu leur immunité parlementaire levée le mardi 24 juillet dernier par leurs collègues de la 7ème législature.

Les trois députés sont désormais livrés par leurs pairs et devront faire face à la justice béninoise. Pour aboutir à cette levée d’immunité parlementaire, les autres parlementaires béninois ont été obligés de voter comme le stipule la constitution du pays.

Pour Idrissou Bako, député de l’opposition, sur les 78 députés qui ont voté, 59 ont accepté la demande contre 18 et une abstention. Concernant Valentin Djenontin, ancien ministre de Boni Yayi, sur les 76 votants, 58 ont approuvé la levée de son immunité contre 18 votes contre. Quant à Atao Hinnouho, sur les 79 députés votants, 60 ont donné le quitus pour la levée de son immunité contre 18 et une abstention. Et contrairement aux deux premiers, le député de la 15e circonscription électorale du Bénin séjourne depuis des semaines déjà à la prison civile de Cotonou dans une affaire de vente de faux médicament.

Des faits graves

Les faits reprochés au député Idrissou Bako sont entre autres, les accusations d’infractions présumées de corruption, l’abus de confiance, l’enrichissement illicite et le blanchiment de capitaux. Ces faits sont prévus et punis par les articles 41 alinéas 1 et 2 ; 53 et 55 alinéa 2 de la loi n°2011-20 du 12 octobre 2011 portant lutte contre la corruption et autres infractions connexes en République du Bénin et 37 de la loi n°2006-14 du 3 octobre 2006 portant lutte contre le blanchiment de capitaux en République du Bénin.

Par ailleurs, il faut aussi noter que le député Idrissou Bako est également poursuivi pour des malversations financières présumées qu’il aurait commises alors qu’il occupait le poste de directeur général de l’ex Société nationale de la promotion agricole (Sonapra).

Les mêmes faits sont reprochés au député Valentin Djenontin. Toutefois, ce dernier bénéficie d’un avantage car il était ministre au moment des faits et par conséquent, il ne pourra  donc être jugé que par la Haute Cour de Justice. A cet effet, il est nécessaire qu’une autre procédure soit ouverte devant le parlement pour valider son autorisation pour la poursuite devant cette instance judiciaire.

Quant au député Mohamed Atao Hinnouho, il lui est reproché d’exercer une activité illégale notamment la vente de faux médicaments. Des allégations avec preuves qui ont d’ailleurs conduit à son incarcération avant le début du procès.

Rappelons que la levée d’immunité parlementaire de ces trois députés a été demandée le 8 février 2018 par le parquet général près de la Cour d’appel de Cotonou, par l’entremise du ministère béninois de la Justice.

Par Adjaho Ofè Sanni