Ebola : La RDC évite une descente aux enfers

Les autorités congolaises ont annoncé mardi 24 juillet, la fin de la neuvième épidémie de la maladie à virus Ebola qui a sévi dans le pays grâce à une riposte sans précédent menée par l’OMS et ses partenaires et au recours, pour la première fois, à un vaccin expérimental contre cette fièvre hémorragique.

Ebola se conjugue désormais au passé en République démocratique du Congo (RDC). Déclarée le 8 mai dernier dans le nord-ouest du pays, la bonne nouvelle de la fin de cet épisode d’Ebola a été annoncée mardi par le ministre congolais de la Santé, Oly Ilunga. « Après une période d’observation de 42 jours, sans aucun nouveau cas confirmé enregistré, et conformément à la réglementation sanitaire internationale, je déclare à partir de ce jour, 24 juillet 2018, la fin de l’épidémie de la maladie à virus Ebola dans la province de l’Équateur », a-t-il dit dans un communiqué à la télévision nationale RTNC.

Dès le départ de l’épidémiela RDC et ses partenaires s’étaient préparés au pire des scénarios. Les inquiétudes étaient d’autant plus grandes lorsque la maladie est partie de la zone isolée dans la forêt équatoriale, et a gagné le 16 mai Mbandaka, un centre urbain de 1,2 millions d’habitants, relié directement à Kinshasa et ses 10 millions d’habitants par le fleuve Congo.

Mais trois mois après la propagation du virus, il a été très bien circonscrit et maitrisé grâce au travail inlassable des équipes locales, la générosité des donateurs, l’appui des partenaires et la direction efficace du ministère de la Santé congolais. Le dernier cas confirmé d’Ebola est sorti guéri du centre de traitement d’Ebola de Bikoro le 12 juin dernier. 21 personnes ont survécu à la maladie et se sont regroupées au sein de l’Association nationale des vainqueurs d’Ebola, selon l’autorité sanitaire.

Au final, le bilan apparaît comme un moindre mal, et l’OMS a félicité « le pays et toutes celles et ceux impliquées dans la fin de l’épidémie » qui aura tué 33 personnes sur les 54 cas détectés au total. A cet effet, son directeur Tedros Adhanom Ghebreyesus est ce mercredi 25 juillet à Kinshasa pour marquer la fin de cette neuvième épidémie qui a frappé la RDC depuis 1976. Le patron de l’OMS s’est aussi félicité de l’administration pour la première fois, à 3.300 personnes, du vaccin contre Ebola.

Une mobilisation rapide et efficace

L’OMS avait été très critiquée pour avoir tardé à réagir lors de la pire épidémie d’Ebola, qui fit plus de 11.300 morts sur quelque 29.000 cas recensés en Guinée, au Liberia et en Sierra Leone. Dès l’annonce de l’épidémie en RDC, l’organisme onusien s’est mobilisée pour faire les choses différemment. Ce qui fait que dans les heures qui ont suivi la proclamation officielle de la flambée le 8 mai, l’OMS a octroyé 2 millions de dollars de son Fonds de réserve pour les situations d’urgence, déployé une équipe pour augmenter les moyens de riposte sur le terrain et activé un système d’urgence de gestion des incidents.

Deux semaines après l’annonce du déclenchement de la nouvelle épidémie, les équipes sanitaires ont lancé pour la première fois une vaccination ciblée qui a visé le personnel soignant, les contacts des malades et les contacts des contacts dont 3.300 personnes au total afin de « briser la chaîne de transmission dans la communauté ». Un vaccin expérimental qui a certes été un outil efficace dans la lutte mais n’a joué qu’un petit rôle d’après Michael Ryan, sous-directeur général à l’OMS.

Plus de 360 personnes ont été déployées pour la riposte et les trois quarts venaient de la région africaine. Des dizaines d’experts en provenance de Guinée ont ainsi passé des semaines en RDC à diriger les efforts de la vaccination contre Ebola et à transférer leur savoir. De l’avis des autorités congolaises et de l’OMS, la réussite de cette riposte, tient notamment à une réponse humanitaire rapide et agressive, avec un « déploiement extrêmement rapide des équipes nationales et des intervenants internationaux sur le terrain sans toutefois oublier la mobilisation financière des différents bienfaiteurs ».

La RDC s’en sort donc sans séquelles graves mais l’OMS a toutefois exhorté les autorités locales et ses partenaires à étendre ce succès à la lutte contre d’autres maladies présentes dans le pays comme le choléra et la poliomyélite.

Par Hermine Anenigne