BRICS : Quel apport pour le développement de l’Afrique ?

Regard sur l’apport économique sur le continent de ce groupe constitué des cinq économies les plus émergentes dont le 10e sommet se tient en Afrique du Sud.

Depuis le 25 juillet dernier, Johannesburg, considérée comme la plus grande ville de l’Afrique du sud, accueille le 10e Sommet des BRICS. Un acronyme retenu pour désigner les cinq économies les plus émergentes du globale : Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du sud. Comme le veut le dicton, « charité ordonnée commence par soi-même », le pays hôte de ce sommet et la Chine vont chacun bénéficier d’une enveloppe de 300 millions de dollars de la part de l’institution bancaire des BRICS dénommée Nouvelle banque de développement (NBD).

Jusqu’ici seul pays africain de ce regroupement, l’Afrique du Sud entretient des relations privilégiées avec chacun des autres pays membres et a droit à certains avantages. L’appui financier dont elle vient par exemple de bénéficier de la NBD est un prêt sans garantie de 300 millions de dollars qui servira à financer des projets énergétiques dans le pays. Cette enveloppe porte donc à 680 millions de dollars, le montant des prêts accordés à la « Nation arc-en-ciel » par la NBD. A côté de cela, le pays de Cyril Ramaphosa a récemment signé des accords d’un montant de 14 milliards de dollars avec la Chine pour doper son économie.

Quid du reste du continent ?

Si l’Afrique du sud dispose des facilités auprès du marché des BRICS, ce n’est pas le cas pour les autres pays du continent. Bien que Luwellyn Landers, vice-ministre sud-africain des Relations internationales et de la Coopération, a déclaré lundi dernier que la NBD avait l’intention de mettre des financements à la disposition de tous les pays, y compris les Etats non membres, les autres pays africains se contentent des relations bilatérales dites « gagnant-gagnants » avec chacune de ces puissances en herbe.

La Chine se positionne aujourd’hui comme le premier partenaire du continent africain. Chose qui va se renforcer avec les nouveaux contrats signés au cours de la mini-tournée que vient d’achever le président Xi Jinping dans trois pays du continent (Sénégal, Rwanda et Afrique du sud) et le Sommet Chine-Afrique prévu à Pékin en septembre prochain. A ce jour, les deux partenaires tablent vers un flux d’échanges de l’ordre de 400 milliards de dollars, ce qui représente bien plus pour l’Afrique avec tout autre bailleur de fonds étranger.

Le continent africain devient aussi un marché important pour l’Inde. En 2015, le montant de ses échanges s’élevait à 70 milliards de dollars. Après une relation fortement dominée par les pensées idéologiques notamment le communisme avant la chute du mur de Berlin, la Russie se positionne aujourd’hui comme un partenaire stratégique du continent. En témoignent ses nombreux accords signés dans les domaines de l’armement et des mines avec plusieurs pays africains (Egypte, Soudan, Centrafrique, Algérie, Angola, etc.). Son volume d’échange avec l’Afrique est estimé entre 4 à 5 milliards de dollars par an.

Quant au Brésil, il a encore une présence marginale sur le continent. Son spectre en Afrique concerne davantage les pays lusophones avec qui il entretient des relations étroites dans les domaines culturel et économique. Le pays des “Auriverdes” est plus reconnu comme un allié au développement qu’un partenaire en affaires. Néanmoins, ses investissements en Afrique sont estimés à plus de 20 milliards de dollars et couvrent divers domaines tels les télécommunications, l’exploitation pétrolière, la santé ou encore l’éducation.

L’Afrique du sud est connue chez les autres pays africains de par ses investissements dans les secteurs des télécommunications, à travers le géant MTN, la santé (Aspen), bancaire (Standard Bank) et l’énergie (Eskom). Toutefois, en comparaison avec les autres pays des BRICS, la part des investissements de la « Nation arc-en-ciel » reste marginale en Afrique.

Par Ange Atangana