Sida : L’urgence d’une augmentation des finances en Afrique

La 22e Conférence internationale contre cette maladie s’est achevée le 27 juillet à Amsterdam et a permis de noter des résultats positifs en matière de lutte malgré la menace qui plane sur les financements devenus faibles.

Du 23 au 27 juillet, Amsterdam, la capitale des Pays-Bas a abrité la 22e Conférence internationale sur la lutte contre le VIH/Sida. Plus de 15 000 scientifiques, membres de la société civile et représentants des États du monde entier ont participé à ce rendez-vous bisannuel majeur pour débattre des avancées et des grands défis persistants dans la lutte contre le VIH/sida. La conférence a également permis d’insister sur l’importance de maintenir un haut niveau de prévention et de lutter contre les discriminations, obstacles à une lutte efficace.

Toutefois, la plus grosse inquiétude demeure la question du financement de la lutte. Selon Michel Sidibé, le directeur exécutif d’ONUSIDA, « il manque sept milliards de dollars par an » pour lutter efficacement contre le virus et éviter de nouvelles infections. D’où l’appel à plus de mobilisation de la part des bailleurs de fonds internationaux, notamment les Etats-Unis de Donald Trump qui entend « réduire les financements de plusieurs programmes de santé, dont certains concernent le Sida, en considérant que d’autres donneurs devraient augmenter leur contribution».

Progressions en Afrique

Sur le continent, des avancées significatives sont à noter au sein des pays d’Afrique australe, notamment au Botswana et en Namibie, en ce qui concernent les objectifs de l’institution onusienne dénommés 90-90-90. Ces trois chiffres signifient que d’ici 2020 90 % des personnes séropositives doivent être dépistées, 90 % d’entre elles traitées et 90 % de ces dernières contrôlant la maladie. La Namibie semble d’ailleurs en avance sur ce point avec un résultat affichant 86-96-91 d’après les données fournies par son ministère de la Santé.

Toutefois, le manque de fonds pourrait entraver les efforts dans la lutte contre cette pandémie en Afrique australe comme sur le reste du continent. Les objectifs fixés en 2016 pour 2020 sont loin d’être atteints : alors qu’on espérait moins de 500 000 nouvelles infections par an, on en décompte encore 1,8 million en 2017.

Prescriptions

S’il y a urgence de financer la riposte contre l’évolution du VIH, il faut également noter que la lutte contre la drogue influe sur le taux de prévalence du virus en Afrique. A ce titre, une enquête menée à Maurice a révélé que près de la moitié des usagers de la drogue sont séropositifs, on pourrait en dire autant dans les pays africains où le gouvernement mène une politique répressive contre les stupéfiants. A ce titre, des associations préconisent de réduire les risques en mettant en place un dispositif d’accompagnement des toxicomanes comme cela se fait aux Pays-Bas. Une campagne internationale a été lancée par une coalition d’associations à l’occasion de la Conférence internationale sur le sida avec pour slogan « Non à la guerre contre la drogue ».

De même, Michel Sidibé, directeur exécutif d’Onu-Sida, estime que les autotests accessibles à tous permettraient de noter des avancées significatives en matière de prévention. « L’autotest, c’est le futur dans le domaine des dépistages. Selon des études menées récemment, les jeunes préfèrent aller vers les autotests que vers les structures qui les stigmatisent (…) », a-t-il souligné.

La conférence d’Amsterdam a également permis de découvrir un traitement préventif qui fonctionne. Dénommé « Truvada », son efficacité a été présentée par une équipe de médecins français. Le traitement, issu de la PrEP(prophylaxie pré-exposition), a été testé sur 1435 hommes bi ou homosexuels, séronégatifs et présentant un risque d’infection par le VIH. Il consiste à ingérer une pilule avant les rapports sexuels potentiellement dangereux, pour maîtriser l’évolution du virus. A la fin de la période de test, tous les hommes sont restés séronégatifs, qu’ils aient pris le traitement de manière continue, ou seulement périodiquement. Le bilan est donc très positif et de nouveaux traitements préventifs sur ce modèle pourraient se développer.

Par Ange Atangana