CEDEAO-CEEAC : La paix et la sécurité comme soucis majeurs

Premier sommet du genre, la rencontre conjointe des chefs d’Etat et de gouvernement de ces deux blocs régionaux s’est déroulée hier lundi à Lomé à l’initiative des présidents en exercice des deux organisations communautaires, le Togolais Faure Gnassingbé de la CEDEAO et Ali Bongo de la CEEAC.

Après Nouakchott, Lomé a accueilli à son tour une rencontre de haut niveau entre les dirigeants et leaders africains. La capitale togolaise a en effet abrité hier lundi le Sommet conjoint des chefs d’Etat et de gouvernement de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO) et de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC). Les thématiques du Sommet ont porté sur la paix, la sécurité, la lutte contre le terrorisme, la radicalisation et l’extrémisme violent.

La présence inquiétante et persistante du groupe djihadiste nigérian Boko Haram en Afrique centrale et de l’ouest devient plus qu’un sujet de préoccupation. Raison pour laquelle elle a figuré en bonne place dans l’agenda des chefs d’Etat de ces différentes communautés sous-régionales. Au cours donc de cette rencontre, les présidents des États membres de la CEDEAO et de la CEEAC ont adopté la Déclaration de Lomé sur la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent. Celle-ci et en exergue la volonté des dirigeants des deux blocs de renforcer la coopération entre leurs Communautés.

En outre, le Sommet CEDEAO-CEEAC s’est penché sur la question migratoire et la situation sécuritaire en la Libye, considérée comme l’une des principales voies vers l’immigration clandestine vers l’Europe. A ce sujet, les chefs d’Etat ont exprimé leurs profondes préoccupations face à la situation d’instabilité qui prévaut en Libye et ses conséquences sur la situation sécuritaire des Etats membres de la CEDEAO et de la CEEAC. Tout en soutenant la médiation conduite dans ce pays par le président congolais Denis Sassou Nguesso, ils en appellent à la Communauté internationale en vue d’une sortie de crise rapide dans ce pays avec une implication active des Etats de la région.

Un destin commun

La CEDEAO et la CEEAC, ont en commun les fléaux de blanchiment d’argent ainsi que le trafic d’armes de guerre, des êtres humains et de la drogue. Et ces menaces entravent durablement la paix et la sécurité, tout comme la stabilité des États et fragilisent forcément les économies des États membres des deux zones. En dehors de ces problèmes, elles ont aussi en commun l’usage du franc CFA. En matière de lutte contre le terrorisme et l’extrémisme, les pays des deux blocs (Tchad, Cameroun, Niger, Mauritanie, Mali, Nigeria et Burkina Faso) sont regroupés dans deux unités, la Force multinationale mixte et le G5 Sahel.

La rencontre de Lomé a donc été l’occasion pour les leaders des deux espaces de réaffirmer leur engagement à assurer la paix et la sécurité, thèmes majeurs du sommet. Ainsi, les chefs d’Etat encouragent les services de sécurité habilités de leurs Etats respectifs à échanger les informations et les renseignements pertinents et instruisent les ministres en charge de la Sécurité des Etats membres de la CEDEAO et de la CEEAC, à faire parvenir, avant leur prochain Sommet, au Président de la Commission de la CEDEAO et au Secrétaire général de la CEEAC, des propositions sur les mécanismes et procédures idoines permettant le partage sécurisé de renseignements et d’information entre les Etats.

Par Hermine Anenigne