Zimbabwe : Un scrutin pour tourner définitivement la page Mugabe

Les Zimbabwéens ont voté ce lundi 30 juillet pour élire à la fois leur futur président et leurs élus locaux. L’occasion pour eux d’ouvrir un nouveau chapitre de leur l’histoire depuis le départ de Robert Mugabe chassé du pouvoir en novembre dernier.

Pour la première fois depuis l’indépendance de leur pays, les Zimbabwéens n’ont pas eu à choisir entre Robert Mugabe et d’autres candidats pour désigner leur prochain président.

Ce lundi 30 juillet 2018 était en effet jour de vote dans le pays. Les Zimbabwéens se sont rendus aux urnes pour désigner leur prochain président, ainsi que leurs députés et conseillers municipaux. Comme un symbole, le pays s’apprête donc à connaître un nouveau dirigeant autre que le « camarade Bob », resté au pouvoir pendant 37 ans jusqu’à son éviction (manu militari) en novembre dernier.

S’il faut dire que ses concitoyens ne gardent pas un bon souvenir de ses années de présidence (fraude, violence, autoritarisme, restriction des libertés, etc.), il n’en demeure pas moins que Robert Mugabe reste une figure respectée et suivie dans son pays. Dernier fait en date, l’ancien guérillero s’est prononcé dimanche le 29 juillet, la veille du  jour de vote. Il a appelé à voter contre la ZANU-PF, autrefois sa chapelle politique.

 Simple coïncidence ou expression de la soif de changement, les dernières tendances font état d’un écart réduit entre Emmerson Mnangagwa, candidat de la ZANU-PF, successeur du « camarade Bob » et Nelson Chamisa, candidat du MDC et également successeur de Morgan Tvsangirai, fondateur du parti décédé en janvier dernier.

Un sondage publié par Afrobaromètre crédite le candidat de la ZANU-PF de 40% des voix contre 37% pour son principal challenger, le candidat du MDC. S’il arrivait qu’aucun des 23 postulants n’obtienne la majorité absolue, un second tour de la présidentielle aura lieu le 8 septembre prochain.

La relance de l’économie en prime

Comme tous les autres candidats à la présidentielle, Emmerson Mnangagwa et Nelson Chamisa veulent chacun incarner le changement. L’actuel président par intérim veut se démarquer de son prédécesseur et compte notamment sur les investisseurs privés pour relancer l’économie zimbabwéenne.

 Le candidat du MDC veut quant à lui rompre avec les pratiques de la ZANU-PF, au pouvoir depuis 1980, en ouvrant davantage l’économie aux investissements étrangers et en misant sur les infrastructures.

De même, ce scrutin pourrait permettre le retour du Zimbabwe sur la scène internationale. Le pays étant exclu du Commonwealth depuis 2003, son président compte sur la bonne tenue des élections pour obtenir des bons points auprès du club des gentlemen qu’il souhaite réintégrer. A ce sujet, une importante délégation du Commonwealth a été déployée dans le pays en vue de s’assurer du bon déroulement des scrutins.

Par Ange Atangana