Cameroun : Hausse vertigineuse du prix de l’oignon sur le marché

Loin d’être une pénurie, le  coût de cet aliment connait une augmentation significative sur le marché camerounais à cause du mauvais état des routes qui se répercute sur le transport des marchandises.

Il faut actuellement débourser la somme de 25 000 FCFA pour un sac d’oignon de 50 kilogrammes dans les principaux marchés de Yaoundé. Or, il y a encore quelques semaines, le même sac ne coûtait alors que 18.000 FCFA, soit un plus de 7.000 francs CFA.

Une flambée des prix de vente en gros de cet aliment qui se répercute automatiquement sur les prix au détail. Dans les marchés de la capitale camerounaise, principaux points de chute des oignons produits essentiellement dans la partie septentrionale du pays, les prix sont fixés selon la grosseur des fruits. « L’oignon est cher ces jours-ci. Avant je pouvais avoir trois oignons à 50 francs mais maintenant on me vend un seul de la même taille à 50 francs. Je suis obligée de débourser 400 francs pour avoir la quantité suffisante pour mes repas », se lamente Mama Lucie Abena.

Sur les raisons de cette augmentation des prix, les commerçants venus du septentrion camerounais, invoquent la saison des pluies et le mauvais état des routes qui entrainent la hausse des prix du transport. « Nous éprouvons des difficultés pour écouler nos produits des plantations vers les grands centres de consommation urbain à cause des difficultés de transports suite aux fortes pluies qui s’abattent dans notre région », a expliqué Ousmane Palai, commerçant-grossiste.

Une situation qui contraint donc à la présente augmentation du prix de l’oignon : « puisque nous achetons plus cher, nous devons également augmenter le prix, sinon nous n’allons pas rentrer dans nos frais », lance Marietou, une détaillante pour qui, il n’est pas exagéré de céder le tas d’oignon à 250 francs CFA, au regard des conditions d’achat plutôt difficiles.

Le marché de l’oignon

La production d’oignon connaît, depuis une vingtaine d’années, une croissance importante dans divers pays d’Afrique sub-saharienne. D’après le ministère de l’Agriculture camerounais, la production des oignons est passée de 9 tonnes par hectare à 27 tonnes, dans les bassins encadrés. Les quantités produites pour la campagne 2015-2016 dans lesdits bassins sont de 10 504,6 tonnes, avec un rendement moyen de 21,5 tonnes à l’hectare.

Troisième culture de rente après le coton et l’arachide, la culture de l’oignon procure chaque année plus de 6 milliards de francs CFA aux producteurs. Malgré ces chiffres séduisants, le Cameroun qui ravitaille la sous-région Afrique centrale avec plus de 50% de sa récolte (entre 90 000 et 100 000 tonnes, selon l’Institut de recherche agricole pour le développement de Garoua) est un importateur d’oignons.

Cela s’explique en partie à cause des pertes post-récolte qui atteignent 40% de la production et la rémunération des producteurs est très fluctuante. Le stockage limité à 3 mois provoque des flambées de prix en période de pénurie et une chute de ceux-ci en période d’abondance. Aussi, le long transport vers les marchés du Sud Cameroun contribue à augmenter les pertes.

Par Hermine Anenigne