Cameroun : Les autorités promettent le pire aux sécessionnistes 

Le ministre de l’Administration territoriale Paul Atanga Nji, a présenté ce vendredi 3 août à Yaoundé, les chefs traditionnels libérés en début de semaine. Il s’est montré confiant quant à la fin de l’insurrection.

Comme s’il en fallait plus pour le prouver, le ministre camerounais de l’Administration territoriale a reçu ce vendredi 3 août les chefs traditionnels de la région du Sud-ouest kidnappés il y a deux semaines par les sécessionnistes. Au nombre de cinq, les anciens captifs ont été présentés à Yaoundé au cours d’un point de presse précédant leur tête-à-tête avec Paul Atanga Nji.

Saluant le courage des gardiens de la tradition durant leur enlèvement, le ministre a mis en garde tous ceux qui s’attaquent à l’intégrité du territoire camerounais. Ainsi, il a annoncé que les « sécessionnistes » dont « l’aventure est sans lendemain » seront combattus et « qu’ils répondront de leurs actes devant la justice (…) ». Avec assurance, Paul Atanga Nji a annoncé qu’un avion sera de nouveau mis à disposition pour ramener les instigateurs des violences dans les régions anglophones du Nord-ouest et du Nud-ouest. Cela avait déjà été le cas en janvier dernier, lorsque Sisiku Ayuk Tambe, considéré comme le leader des sécessionnistes, avait été exfiltré depuis le Nigeria.

Courage et bravoure

Durant son échange avec la presse, Paul Atanga Nji a indiqué qu’en kidnappant ces autorités, les militants sécessionnistes « ont franchi le seuil de la tolérance ». A ce sujet, le ministre, natif de Bamenda (nord-ouest), a martelé qu’aucun répit ne sera accordé aux terroristes. Il a tenu à rappeler que les partisans à la sécession avaient déjà abusé de plus de 1400 fillettes âgées entre 11 ans et 14 ans depuis le début de leur insurrection en 2016.

De même, il a profité de l’occasion pour saluer le courage et la bravoure du maire de Buea. En effet, depuis quelques jours, Patrick Ekema s’est attaqué aux entreprises et autres structures qui respectent les journées « villes-mortes » imposées par les sécessionnistes. Il a ordonné la fermeture de celles-ci jusqu’à nouvel ordre. De même, il est l’un des artisans de la libération des chefs coutumiers.

Le 30 juillet dernier, l’édile a donné un ultimatum de 24 heures pour la libération des Fon et a organisé le lendemain dans les artères de la capitale du Sud-ouest, une marche pour appeler à leur remise en liberté. La menace de Patrick Ekema a donc porté ses fruits : les otages ont tous été libérés mardi dans la matinée, malgré l’assassinat d’un des leurs (Chief Mbanda Njie) durant la période de captivité.

Par Ange Atangana