Organisations sous-régionales africaines: Du pain sur la planche pour les présidents en exercice

A l’instar du président nigérian, Muhammadu Buhari, récemment nommé pour un an à la tête de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), les présidents en exercice des autres organisations communautaires ont des tâches fastidieuses à accomplir dans divers domaines pour le développement du continent.

Muhammadu Buhari vient d’être désigné par ses pairs pour présider aux destinées de l’organisation ouest africaine. C’était au cours de la 53è session ordinaire des chefs d’Etats et de gouvernement de l’organisation sous-régionale tenue le 31 juillet à Lomé au Togo. Malgré son refus, le chef de l’Etat nigérian a fini par céder et accepter devant leur insistance, la lourde mission qui lui incombe désormais. Il prend le relais de son homologue togolais, Faure Essozimna Gnassingbé, qui a passé près de quatorze mois à la tête de la CEDEAO.

C’est donc de nombreux défis qui attendent le nouveau patron de l’organisation d’intégration sous-régionale. Muhammadu Buhari aura à travailler notamment sur des dossiers stratégiques  sur lesquels il n’est pas à tous les coups sur la même longueur d’onde avec ses pairs à savoir : la monnaie unique; la zone de libre-échange; l’adhésion du Maroc; les négociations APE.

La position de la première puissance économique d’Afrique est d’ailleurs assez connue sur ces différents dossiers, puisque Buhari est un des présidents qui a le plus affiché de réticences par rapport à l’accord de principe que l’organisation a déjà accordé au Royaume chérifien. C’est le même cas avec les APE, la Zlecaf que le Nigeria traîne toujours à rejoindre ou encore le processus de création d’une monnaie unique à l’horizon 2020, une échéance que le chef de l’Etat nigérian estime prématurée au vu de l’état des préparatifs.

Malgré tout, avec son leadership, Muhammadu Buhari, tout ému de cette sollicitude, a néanmoins promis de «consacrer toute son énergie à promouvoir la stabilité, la paix, la sécurité alimentaire et le processus d’intégration en cours au sein de la communauté». Et le sommet prévu en décembre prochain à Abuja sera une occasion de jauger son empreinte lorsqu’il présentera son bilan d’étape.

Défis des organisations sous régionales africaines

Au niveau de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), les défis sont tout autres. Le chef de l’Etat tchadien, Idriss Déby Itno désigné par ses pairs, président en exercice de l’organisation sous régionale d’Afrique Centrale, le 17 février 2017 en Guinée équatoriale, a plusieurs chantiers à mener parmi : la relance de l’économie de la région qui subit pleinement la chute des cours du pétrole, le financement de l’organisation, les négociations sur les accords de partenariat économique avec l’UE, mais surtout le défi de la libre circulation des personnes et des biens  qui a pu être finalisé en fin octobre 2017. Le rôle en général du président tchadien, c’est de rétablir la santé économique de la sous-région.

Pour ce qui est de La Communauté d’Afrique de l’Est (CAE), une organisation internationale de six pays fondée en 1967, c’est le Chef de l’Etat tanzanien, Magufuli qui assure depuis 2015 les fonctions de Président en exercice. Il a pour principaux défis la promotion du commerce, les investissements et les infrastructures afin d’assurer un développement durable et favoriser la paix entre les différents membres du bloc.

Créée le 17 août 1992, la Communauté pour le développement de l’Afrique australe (SADC) a pour sa part, un champ de compétences assez large. De l’intégration financière et monétaire au maintien de la paix. C’est une organisation qui vise à promouvoir le développement économique de l’Afrique australe. Une lourde tâche qui revient donc à son président en exercice par ailleurs chef d’Etat sud-africain, Cyril Ramaphosa.

En plus de ceux-ci, l’UEMOA, la CEEAC, l’UMA et bien d’autres sont elles aussi des organisations d’intégration régionale qui ont pour seul et unique rôle, le développement socio-économique et sécuritaire du continent africain.

Par Hermine Anenigne