Cameroun : Biya face à huit challengers à la prochaine présidentielle

Après délibération, le Conseil électoral d’Elections Cameroon (Elecam) en charge de l’examen des dossiers de candidatures a rendu sa copie ce 7 août. Joshua Osih,  Maurice  Kamto, Akere Muna, Adamou Ndam Njoya, Garga Haman Adji ou encore Cabral Libii tenteront de battre le président sortant.

On connait désormais la liste des candidats retenus pour la prochaine élection présidentielle prévue au Cameroun le 7 octobre prochain. Des 28 dossiers de déclaration de candidatures reçus par Elecam à la date de clôture le 19 juillet 2018, seuls neuf ont été validés par le Conseil électoral de l’organe en charge de l’organisation des élections au Cameroun afin de prendre part au scrutin. Les différents protagonistes ont deux jours pour tous recours comme le prévoit l’article 129 du Code électoral.

Sans surprise, le président Paul Biya, au pouvoir depuis 36 ans et candidat à sa propre succession sera dans la course. Après l’annonce de sa candidature sur Twitter le 13 juillet, le dossier du candidat naturel du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) a été déposé le même jour auprès d’Elecam par des responsables de son parti.

Paul Biya aura face à lui huit autres candidats. Parmi eux, l’honorable Joshua Osih, candidat du Social democratic front (SDF), principal parti de l’opposition. Sa candidature à ce scrutin présidentiel a longtemps suscité le débat au sein de l’opinion publique nationale au sujet de sa prétendue double nationalité (Camerounais de par son père et Suisse de par sa mère). Fin de la controverse donc, puisque l’aéronaute et homme d’affaires investi par son parti en février dernier tentera de briguer la magistrature suprême du pays pour la toute première fois.

Pour le reste, les candidatures de Maurice Kamto du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), Akere Muna du Front populaire pour le développement (FPD), Adamou Ndam Njoya de l’Union démocratique du Cameroun (UDC), Garga Haman Adji de l’Alliance pour la démocratie et le développement (ADD), Cabral Libii du parti UNIVERS, Serge Espoir Matomba du Peuple uni pour la rénovation sociale (PURS) et Frankline Ndifor Afanwi du Mouvement citoyen national du Cameroun (MCNC), qui ne présentaient pas de véritable risque de rejet, ont toutes été validées à l’unanimité après délibération par Elecam.

Durcissement des conditions

Rappelons que par rapport à la dernière élection présidentielle de 2011 où l’on avait enregistré 23 candidatures au total, on aura nettement moins de prétendants au fauteuil présidentiel cette fois. Par ailleurs, aucune femme ne fera partie de la course au palais d’Etoudi alors qu’elles étaient deux il y a 7 ans (Edith Kah Walla et Esther Dang). La faute peut-être au durcissement des conditions de candidature.

En effet, en plus de la caution rehaussée à 30 millions de F CFA et remboursable à condition d’obtenir au moins 10% des suffrages, chaque candidat devait être investi  par un parti politique. Ceux qui souhaitaient se présenter sous le label indépendant devaient au préalable obtenir au moins 300 signatures des personnalités originaires de toutes les régions, à raison de 30 par région possédant la qualité soit de membre de l’Assemblée nationale ou d’une chambre consulaire. En plus, « une même personnalité ne peut apposer qu’une signature et pour un seul candidat », stipule l’article 53 de la loi 97-020 du 9 septembre 1997 fixant les conditions d’élection au Cameroun.

Par Joseph Samuel Zoé