Cacao: Le Cameroun progresse dans la production

Au-delà du contexte sécuritaire trouble dans l’un des plus importants bassins de production du pays, la production cacaoyère 2017-2018 qui s’est achevée à mi-juillet dernier a connu une progression significative de 22.000 tonnes par rapport à la saison précédente selon les statistiques publiées le 7 août 2018 par l’ONCC.

Alors que l’on s’attendait à de mauvaises performances dans un contexte marqué par les violences et l’abandon des champs dans la région Sud-ouest Cameroun, l’un des grands bassins de production de fèves de cacao du pays, le rendement obtenu pour la campagne 2017-2018 qui vient de s’achever, est plus que satisfaisant par rapport à la saison précédente.

D’après les chiffres publiés le 7 août par l’Office national du cacao et du café (ONCC) du Cameroun lors du lancement officiel de la campagne cacaoyère 2018-2019 dans la localité de Ngomedzap, bassin de production au centre du pays, le pays affiche une production nationale commercialisée de 253 510 tonnes, contre 231 510 tonnes la campagne précédente.

Dans les détails, la région du Sud-Ouest a pesé 31,5% dans les achats globaux de fèves dans le pays, contre 50,3% pour le Centre et 7% pour le Littoral. Avec ce rendement, l’on remarque une nette progression par rapport aux deux saisons précédentes. La production de cacao avait chuté de près de 38 000 tonnes entre la saison 2015-2016 et celle de 2016-2017, ceci à cause de la contrebande qui a favorisé la chute des cours de près de 40%. Pour les acteurs de la filière, les résultats de la production de la saison qui se referme incitent à la satisfaction et encouragent pour la prochaine.

Plus de 150 milliards de F CFA dans l’économie

Le cacao fait partie intégrante de l’économie du Cameroun. Il est le deuxième produit d’exportation du pays avec un taux de 12,4% et contribue efficacement à son développement socioéconomique. La preuve, plus de 6 millions de personnes vivent des revenus tirés de cette filière qui brasse plus de 150 milliards de F CFA par an, la plupart des fèves de cacao étant destiné à l’exportation. Les Pays Bas en achètent 50 % de la production, la France  30 % et les États-Unis  environ 10 %.

Bien que l’or brun camerounais mobilise plus de 600 000 emplois directs et indirects, il fait encore face au problème de la qualité qui fait en sorte que 45 % des produits sont classés courant tandis que 13 % seulement sont considérés comme de qualité supérieure. Raison pour laquelle pour respecter la norme qualitative, les autorités camerounaises ont récemment doté les producteurs de fours de séchage modernes, afin de combattre le phénomène d’odeur de fumée qui affecte négativement le label Cameroun à l’international.

Mais cette négativité au niveau de la qualité, n’empêche tout de même pas au Cameroun d’occuper actuellement la cinquième place mondiale dans la production du cacao. Et c’est dans un souci de dynamiser les filières café et cacao que l’Etat camerounais a lancé en 2015, un nouveau plan intitulé « Plan de Relance et de Développement des Filières Cacao et Café ». Ledit plan ambitionne porter la production cacaoyère à 600 000 tonnes à l’horizon 2020, contre plus de 250.000 tonnes aujourd’hui.

Difficultés de la filière  

La faiblesse de la productivité et de la compétitivité (qualité) des produits est souvent due aux difficultés techniques d’accès aux intrants et aux services agricoles ainsi qu’au vieillissement des planteurs et des plantations. Les difficultés d’accès aux engrais liées aux prix relativement élevés, constituent eux aussi un facteur très limitant. De même, les pesticides sont eux aussi un frein à l’essor de la filière en termes de prix, mais aussi eau niveau de la qualité, car ce secteur d’activités estcaractérisé par la présence remarquée des produits de contrefaçon qui n’ont pas toujours l’efficacité escomptée.

En plus, l’on continue de noter aussi des faiblesses dans le circuit de commercialisation des produits. Idem au niveau de la proportion de cacao transformer au Cameroun qui stagne à 15% quand alors qu’elle est de 25% au Ghana, 43% en Côte d’Ivoire et de 100% en Indonésie.

Pour l’heure, les yeux sont tournés vers la nuvelle campagne et l’Etat compte surmonter tous les obstacles qui constituent un frein à la filière et obtenir davantage de résultats plus que satisfaisants.

Par Hermine Anenigne