RDC : L’ère post-Kabila ouverte

Comme promis, le président congolais ne sera pas candidat à la présidentielle du 23 décembre prochain dans son pays.  Les regards sont désormais tournés vers l’avenir avec différents challengers qui entendent incarner un nouveau Congo plus de deux décennies après l’accession au pouvoir de la dynastie Kabila.

Ce mercredi 8 août était la date butoir pour le dépôt des candidatures à la prochaine présidentielle prévue le 23 décembre 2018 en République démocratique du Congo (RDC). Réunie à Kinshasa qui abrite par ailleurs le siège de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), le Front commun pour le Congo (FCC), la plateforme que le président sortant avait mise sur pied en juin dernier, a mis fin au suspense en désignant Emmanuel Ramazani Shadary, secrétaire permanent du parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD, au pouvoir), candidat de la majorité présidentielle au scrutin du 23 décembre prochain.

L’information a été confirmée en début d’après-midi par Lambert Mende, le porte-parole du gouvernement congolais, et membre du FCC.

Sauf changement de casting de la CENI, le dauphin de Joseph Kabila affrontera en décembre d’autres figures confirmées ou en herbe de la scène politique locale. En dehors de Vital Kamerhe, ancien président de l’Assemblée nationale et candidat en 2011, et Jean-Pierre Bemba, ancien vice-président de la RDC tout juste acquitté du côté de La Haye, la plupart des autres protagonistes n’ont jamais fait acte de candidature à la magistrature suprême : Félix Tshisekedi (candidat de l’UDPS, fondé par son père Etienne), les anciens ministres Tryphon Kin-Kiey Mulumba (PA, considéré proche de Kabila) et Freddy Matungulu (« Congo na Biso »), entres autres. L’ancien gouverneur du Katanga Moïse Katumbi pour sa part, n’a pas pu déposer sa candidature car poursuivi par la justice congolaise.

Plus de glissement

Kinshasa peut donc respirer ! Suspect, discret et muet quant à ses intentions à cette échéance à laquelle la Constitution ne lui permettait pas de se représenter, Joseph Kabila, 47 ans, acculé par la communauté internationale (l’Union européenne, l’Union africaine et ses voisins) et sur le plan interne (l’Eglise et autres associations de la société civile), s’apprête donc à quitter la présidence du pays avec honneur. L’opposition avait d’ailleurs déjà appelé les populations à descendre dans la rue au cas où l’actuel président décidait de se présenter.
Ainsi, comme annoncé lors de son adresse à la nation le 19 juillet dernier, Joseph Kabila a tenu sa promesse de respecter la loi fondamentale du pays, mettant ainsi fin au « glissement ». Depuis 2016, l’actuel chef de l’Etat arrivé au pourvoir par désignation en 2001 après la mort par assassinat de son père Laurent Désiré Kabila, devait en effet quitter le Palais de la Nation. Mais prétextant un délai supplémentaire de seize mois pour enrôler les électeurs, la présidentielle de 2016 a été reportée pour la première fois avant fin 2017. En octobre 2017, la CENI a renvoyé une seconde fois le scrutin avançant notamment des raisons logistiques et l’audit du fichier électoral entraînant le retard pour le recensement des électeurs.

Aujourd’hui, les conditions semblent donc réunies pour la bonne tenue du scrutin bien que la diaspora ne soit pas admise à voter. Bien qu’attendu depuis près de deux ans, le départ de Joseph Kabila annonce la fin du règne d’une dynastie entamé en 1997 par son géniteur.

Par Ange Atangana