Présidentielle au Mali : Le duel IBK-Soumaïla Cissé aura bel et bien lieu

La Cour constitutionnelle a confirmé hier mercredi la victoire au premier tour du président sortant qui sera opposé au second tour, prévu le 12 août prochain, au chef de file de l’opposition arrivé deuxième du scrutin.

Les voyants sont au vert pour Ibrahim Boubacar Keita (IBK), le président sortant et candidat à sa propre succession au Mali. Après avoir été crédité de 41,42% de suffrages selon les résultats provisoires du premier tour publiés par le ministère de l’Administration territoriale, IBK a vu son score légèrement revu à la hausse par la Cour constitutionnelle qui a communiqué les résultats définitifs du premier tour hier mercredi à Bamako. Selon Manassa Danioko, sa présidente, le candidat du Rassemblement pour le Mali (RPM) a obtenu 41,7% à l’issue du premier round.

Tout le contraire pour son challenger au second tour, Soumaïla Cissé qui a vu son score passé de 17,8% à 17,78%. Peu après la publication des résultats, ce dernier avait d’ailleurs contesté ceux-ci, clamant qu’ils n’étaient « ni sincères ni crédibles ». Avec d’autres candidats malheureux, Soumaïla Cissé  a formé « un front démocratique contre la fraude » puis déposé des requêtes auprès de la Cour. Celles-ci ont été déclarées « irrecevables » par Mme Danioko, faute d’avoir été déposées dans les délais.

Remake sans surprise ?

Avec ce nouveau revers, le candidat de l’opposition (Union pour la république et la démocratie, URD) entend pour son prochain round face à IBK continuer « à dénoncer les fraudes manifestes du premier tour » et appeler « à la mobilisation et au rassemblement du camp du changement, majoritaire dans le pays ».

Comme il y a cinq ans, IBK et Soumaïla Cissé vont s’affronter au second tour de la présidentielle. En 2013, l’actuel président du Mali avait raflé 77% des voix contre à peine 22% pour son rival. Cette année la donne semble ne pas avoir changé, surtout pour le candidat de l’URD, bien que qualifié pour « la finale » mais qui a recueilli moins de voix qu’il y a cinq ans au premier tour (17,78% en 2018 contre 19,7% en 2013). Tout l’inverse pour le président sortant qui avait obtenu 39,79% au premier tour en 2013, et qui a été choisi à 41,7% cette année au même stade.

Par Ange Atangana