Cameroun : Sur les sentiers de la victoire contre Boko Haram

International Crisis Group vient de publier un rapport notant l’affaiblissement du groupe terroriste qui pourrait mettre fin au conflit dans l’Extrême-nord du pays d’ici deux ans.

Moins virulent que les précédents rapports jusqu’ici commis par l’International Crisis group (ICG), le document intitulé: « Extrême-Nord du Cameroun : nouveau chapitre dans la lutte contre Boko Haram » annonce un dénouement heureux du conflit qui oppose le Cameroun au groupe terroriste Boko Haram depuis bientôt cinq ans. A en croire le document publié ce mardi 14 août, la nébuleuse qui tire ses origines au Nigeria voisin est en perte de vitesse au Cameroun et la lutte pourrait prendre fin d’ici deux ans.

Pour montrer le déclin des terroristes, l’ONG indique en effet que le nombre de victimes tant civiles et militaires a diminué de 40% ces deux dernières années. Le défi selon l’ICG se situe désormais à deux niveaux pour préparer l’après-guerre. Il s’agit de l’avenir des anciens membres du mouvement terroriste et de celui des comités vigilance qui appuient les forces de sécurité camerounaises. Le document préconise la dissolution de certains comités de vigilance, l’intégration de certains de leurs membres dans la police municipale et la mise en œuvre d’un programme de réinsertion économique pour d’autres démobilisés.

L’ICG craint en effet que faute d’accompagnement, certains membres de ces comités se tournent vers des activités criminelles à la fin du conflit. D’après l’ONG, 14 000 personnes constituent ces groupes d’auto-défense qui combattent le terrorisme au quotidien aux côtés de l’armée camerounaise dans l’Extrême-nord. S’agissant des Camerounais,  anciens membres de Boko Haram qui se sont rendus, l’ICG appelle le gouvernement à définir une politique pouvant inciter d’autres actifs au sein de la nébuleuse à se déposer les armes et à se rendre.

Bras de fer
 

En somme, « Extrême-Nord du Cameroun : nouveau chapitre dans la lutte contre Boko Haram » veut préparer les autorités camerounaises à l’après Boko Haram. Contrairement aux autres rapports, il semble moins sévère envers les forces de l’ordre souvent accusées d’abus dans les conflits qui les opposent à la secte dans la partie septentrionale du pays et aux sécessionnistes dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest.

En avril, l’ICG avait en effet publié un rapport sur la situation dans les deux régions orientales du pays, indiquant l’aggravation de la crise anglophone. « Faux » avait rétorqué Issa Tchiroma Bakary, le porte-parole du gouvernement camerounais, soulignant que « ces allégations constituent un grotesque travesti de la réalité ». Avant cela, en octobre dernier, l’ICG avait été inscrite sur la liste noire du gouvernement suite à la publication d’un autre rapport qualifié d’« agression poignante » par le ministre de la Communication camerounais. Une réaction des autorités n’est donc pas à exclure suite au document publié ce 14 août.

Par Ange Atangana