Mali : Les priorités d’Ibrahim Boubacar Keita pour les cinq années à venir

Les résultats provisoires de la présidentielle publiés ce jeudi 16 août donnent la victoire au président malien sortant avec plus de 67% des voix. Ce dernier aura pour principales missions de ramener la paix et de redresser l’économie du pays.

Comme il y a cinq ans, Ibrahim Boubacar Keita a remporté son duel face à Soumaïla Cissé au second tour de l’élection présidentielle au Mali. Les résultats provisoires publiés ce jeudi 16 août créditent le président sortant de 67,17% des suffrages contre 32,83% pour son principal challenger. Comme il y a cinq ans encore, les défis semblent les mêmes pour le vainqueur de la présidentielle, puisque la sécurité, la paix et la croissance économique sont les principales doléances des Maliens.

Retour de la paix et de la sécurité

La récente présidentielle vient encore de le démontrer : la paix et la sécurité sont les défis majeurs du Mali. Depuis le renversement d’AmadouToumani Touré en 2012, le pays est divisé en deux avec le Nord du pays rendu quasiment ingouvernable et qui passe pour le bastion des groupes djihadistes. La dernière campagne a d’ailleurs payé les frais de cette situation avec l’assassinat du président d’un bureau de vote à Arkodia, une localité située dans le nord du pays le 12 août dernier, date du second tour du scrutin. De même, il faut noter que pour des raisons sécuritaires, des bureaux de vote n’ont pas été ouverts le jour du scrutin.

A cela, il faut ajouter que l’insécurité va grandissante dans le pays. La plateforme « Citoyens maliens pour le changement » indique d’ailleurs qu’en « 2013, l’administration et l’armée maliennes étaient présentes dans la région de Kidal. Aujourd’hui, même le drapeau malien ne peut y être hissé. Les régions de Ménaka et Taoudéni n’existent que par le biais des troupes étrangères. L’administration et les écoles n’existent que dans les grandes agglomérations de la région de Mopti. L’insécurité gagne les régions de Ségou, Koulikoro et Kayes. » Selon la plateforme, le nombre de victimes du conflit est en hausse de plus 50%, au moins 1123 victimes (morts et blessés) en 2017 contre 331 en 2014.

Redressement de l’économie

A côté du défi sécuritaire, le président malien devra également œuvrer pour la bonne gestion des finances publiques et participer au redressement de l’économie. Durant sa campagne, IBK a annoncé que « les cinq prochaines années seront mises à profit pour poursuivre la construction d’une économie émergente, à travers des réformes en vue de la transformation structurelle de l’économie bon suivi ». A ce sujet, il propose la finance islamique comme « mode de financement alternatif (…) efficace du secteur de la microfinance pour redonner confiance aux populations ».

Aussi, ce nouveau quinquennat devra faire oublier les différents scandales auxquels IBK et ses proches ont été mêlés. En 2014 par exemple, l’achat d’un avion présidentiel pour près de 20 milliards de FCFA (34,6 millions de dollars) avait défrayé la chronique dans ce pays d’Afrique de l’ouest parmi les plus pauvres de la planète. Pire, l’achat du Boeing 737 ne figurait nulle part dans le budget de l’Etat.

Politiques économique et sociale inclusives

Avec une croissance oscillant autour de 5% depuis quelques années, le Mali affiche une certaine embellie financière qui tarde à bénéficier à l’ensemble de sa population. Raison pour laquelle pour son nouveau quinquennat, IBK mise sur le renforcement et la modernisation de la gestion des finances publiques pour améliorer les recettes à l’horizon 2023.

Il propose entre autres: l’élaboration des outils nécessaires à l’évaluation des politiques publiques et poursuite des évaluations des politiques en répertoriant les possibilités d’économies dans les sous-secteurs des administrations publiques et des collectivités territoriales ; la promotion, le développement et la modernisation du commerce intérieur, le renforcement de l’efficacité du secteur du commerce (énergie, transports, mesures non tarifaires et facilitation des échanges) ; la réorganisation des activités informelles et la poursuite de la formalisation des acteurs du commerce de détail et le développement de l’entrepreneuriat féminin pour l’autonomisation économique des femmes.

Par Ange Atangana