Virus Ebola: Le bilan s’alourdit en RDC

L’épidémie qui sévit actuellement dans le Nord Kivu à l’Est du pays fait état de 49 morts et plus de 2.000 personnes suivies.

Le bilan de la maladie ébola en République démocratique du Congo (RDC) s’élève graduellement depuis que l’épidemie a été déclarée dans l’est du pays, également fragilisé par la violence et les déplacements de population le 1er août 2018.

Ça fait exactement dix-neuf jours que l’épidémie à virus Ebola a été signalée dans la province du Nord Kivu, juste une semaine après la fin de la précédente dans la province de l’Equateur. Selon le dernier bulletin de la situation épidémiologique du ministère congolais de la Santé du week-end dernier, l’on enregistre déjà 49 morts sur 90 cas signalés.

De façon spécifique, la Direction générale de lutte contre la maladie recense 22 décès parmi les 63 cas confirmés par des tests en laboratoire sur des prélèvements, et 27 décès probablement dus à Ebola, en raison d’un lien épidémiologique avec le virus. En plus, les équipes sur le terrain ont en outre identifié 2.157 contacts, à savoir des personnes qui ont pu être en contact avec le virus et qui sont actuellement sous surveillance médicale.

Notons que l’épidémie au Nord-Kivu progresse plus rapidement qu’en Equateur, également frappée par le virus entre mai et juillet derniers. La situation sécuritaire dans cette partie du pays rend en effet la tâche un peu plus difficile aux autorités congolaises, qui doivent répondre à la crise sanitaire tout en tenant compte de la situation sécuritaire dans cette partie du pays.

« C’est vrai que la situation sécuritaire est un véritable défi. Nous travaillons étroitement avec l’armée congolaise et la Monusco pour justement garantir au personnel de santé la possibilité de travailler dans des bonnes conditions et pour permettre aux populations d’avoir accès à des soins dans un environnement sécurisé », a précisé le ministre congolais de la Santé.

Par ailleurs, la même riposte qui a été mise en place lors de la précédente épidémie dont la fin a été annoncée le 24 juillet 2018 (33 morts sur 54 cas au total) est toujours en place avec les vaccinations. Aussi, les équipes médicales à Beni et Mangina ont commencé à utiliser la molécule thérapeutique Mab114 issu des recherches faites sur le sérum d’un survivant de l’épidémie d’Ebola dans le centre de la RDC en 1995, dans le cadre du traitement des malades. Surtout que c’est le premier recours thérapeutique utilisé contre le virus au cours d’une épidémie. En plus, des barrages sanitaires qui ont été placées à Béni comme au Nord-Kivu pour lavage des mains à l’eau chlorée et la prise de température.

De son côté, l’Ouganda voisin du Nord-Kivu, a évalué son éventuel plan de réponse à l’épidémie. C’est à cet effet que la ministre ougandaise de la Santé Sarah Opendi s’est rendue à la tête d’une importante délégation à Bundibugyo, poste-frontière situé à seulement quelques dizaines de kilomètres de Beni, dans la province du Nord-Kivu en RDC, pour évaluer le plan de réponse de son pays, a indiqué dimanche son département ministériel afin de ne pas se faire surprendre.

Cette nouvelle épidémie est la dixième que connait la RDC (ex-Zaïre) depuis 1976. Mais seulement, c’est la première fois que le virus sévit dans une zone de conflit armé densément peuplée avec d’importants mouvements de population.

Par Hermine Anenigne