Cacao : La BAD appuie la Côte d’Ivoire et le Ghana contre le  « Swollen Shoot »

L’institution financière panafricaine a octroyé 600 millions de dollars aux deux grands producteurs mondiaux de cacao pour entreprendre la réhabilitation des plantations de cacao en réduisant les arbres trop âgés et les arbres infectés par des maladies telles que « la pousse de cacao gonflée ».

60% du cacao produit aujourd’hui dans le monde provient de la Côte d’Ivoire et du Ghana. Mais ces deux producteurs font fassent au virus de la  “pousse de cacao gonflée” qui affecte significativement les plantations. C’est à cet effet que les deux pays viennent d’obtenir 600 millions de dollars de la Banque africaine de développement (BAD) pour entreprendre le projet de réhabilitation de 680.000 hectares de cacao.

Mais avant même l’arrivée de ces fonds prévus dans les prochains mois, chacun des deux pays s’étaient déjà engagés à investir des fonds propres bien qu’insuffisants, dans la destruction des plantations infectées pour empêcher la propagation de la maladie. Ladite réhabilitation consiste à couper les vieux cacaoyers et les arbres malades.

Au Ghana, deuxième producteur mondial de cacao après la Côte d’Ivoire, c’est environ 40% des arbres qui sont touchés par le virus de « Swollen Shoot ».  Avant les fonds de la BAD, le pays ambitionnait déjà par ses propres moyens de détruire 10.000 hectares de plantations. Avec le financement, Joseph Boahen Aidoo, président-directeur général de Ghana COCOBOD a précisé que l’aide leur permettra en plus de non seulement contrôler la maladie mais aussi de renouveler les plantations cacaoyères qui sont improductives depuis un certain temps. L’Etat prévoit donc d’abattre plus précisément 39% des cacaoyers dans le pays, lesquels couvrent une superficie totale de 742.187 hectares afin de préparer le terrain à la replantation dans les zones touchées.

Les planteurs indemnisés
Les agriculteurs dont les plantations sont concernées par l’opération seront indemnisés lors de l’abattage des arbres et recevront une compensation supplémentaire pendant la replantation des plants. Le Conseil a convenu de payer une somme 552 Ghana cedis soit un montant d’environ 66.000 F CFA par hectare pour la compensation initiale et 1,290 Ghana cedis soit 153. 000 F CFA par hectare durant la phase de replantation.

Pour ce qui est de la Côte d’Ivoire, la menace est plus atroce. Le « swollen shoot » aurait contaminé 300.000 ha de plantations, soit 15% des surfaces officielles de cacao. L’attaque prend de l’ampleur au cœur de la ceinture du  cacao en Côte d’Ivoire, et certaines plantations enregistrent même une baisse importante de la production.

Le Conseil ivoirien du café-cacao (CCC) a de ce fait programmé l’arrachage des hectares infectés dans le pays, premier producteur mondial de fèves au cours des trois prochaines années pour enrayer la propagation du virus. L’opération qui coutera 40 millions de dollars se déroulera dans le sud-ouest et l’ouest du pays.

Une indemnisation est tout aussi promise aux planteurs dont : 50 000 francs CFA par hectare arraché, financés par le CCC et les grands de l’industrie du chocolat. Des semences améliorées dites résistantes au virus doivent être également fournies pour redémarrer ensuite la plantation de cacao.

Le « Swollen Shoot Virus »

Maladie incurable du cacaoyer, le Swollen Shoot est causé par un virus transmis par un insecte, la cochenille, qui affecte généralement la récolte d’un arbre au cours de la première année de sa production et peut entraîner sa mort en trois ou quatre ans. Le fléau est ancien en Afrique de l’Ouest mais il est en recrudescence depuis le début des années 2000.

Lorsque le virus de « la pousse de cacao gonflée » (CSSV) selon son appellation française attaque une plantation, il n’y a pas de traitement. La seule solution est de retirer et de détruire les arbres infectés.

Par Hermine Anenigne