Sénégal : Boom de candidatures à la prochaine présidentielle

Selon le ministère de l’Intérieur, les représentants de 85 candidats déclarés à la magistrature suprême se sont présentés pour récupérer les fiches de collecte des signatures de parrainage.

La campagne pour la collecte des parrainages pour les candidats à l’élection présidentielle de 2019 a débuté lundi 27 août au Sénégal. Selon Bernard Casimir Demba Ciss, un responsable du ministère de l’Intérieur, les représentants de 85 « candidats à la candidature » se sont présentés pour récupérer les fiches de collecte des signatures au ministère. Ils auront « au moins quatre mois » pour recueillir  le parrainage de 0,8 % à 1 % du corps électoral, soit environ 52.000 signatures, réparties dans au moins sept des 14 régions du pays, à raison de 2.000 par région au minimum.

Ce système de parrainage, qui concernait jusqu’à présent seulement les candidats issus de la société civile, a été étendu en avril à tous les prétendants. Objectif : « filtrer » les candidats après une inflation de candidats lors des derniers scrutins. Selon les autorités sénégalaises, ce texte de loi va permettre de faire « progresser la démocratie » en barrant la route aux candidats fantaisistes qui briguent la magistrature suprême. La mesure vise aussi à réduire les frais liés à l’organisation du scrutin présidentielle, comme les dépenses de campagne, tout en améliorant pour les citoyens la lisibilité des listes électorales.

Pour l’opposition, ce texte est  destiné à éliminer des candidatures concurrentes à celle, pressentie, du président Macky Sall. Deux des principaux rivaux du président sortant risquent d’être absents en raison d’ennuis judiciaires. Condamné à cinq ans de prison pour détournements de fonds publics, le maire de Dakar, Khalifa Sall, connaîtra jeudi le verdict de son procès en appel. Quant à Karim Wade, fils et ministre de l’ex-président Abdoulaye Wade, condamné en 2015 à six ans de prison pour « enrichissement illicite », il a vu sa demande d’inscription sur les listes électorales rejetée le 2 juillet, ce qui devrait l’empêcher de se présenter. La Cour suprême doit se prononcer jeudi sur un recours en cassation introduit par les avocats de Karim Wade, après le rejet de son inscription sur ces listes.

Retour du parrainage

Au Sénégal, le système de parrainage n’est pas une nouveauté. Depuis 1963, la loi exigeait des candidats à une présidentielle d’être parrainés par un parti politique ou par dix députés. Ce nombre avait été réduit à cinq avant que la disposition ne soit retirée du code électoral.

En 1991, une nouvelle loi obligeait les candidats indépendants à obtenir 10.000 signatures. Des dispositions remplacées par la nouvelle loi votée en avril dans un climat de contestation émaillé de violents heurts.

 Par Ange Atangana