Santé : La médecine remporte une nouvelle bataille contre le paludisme

Le suppositoire à base d’artésunate, un antipaludéen commun, découvert par des chercheurs et testé en Zambie permettrait de réduire de 96%, le taux des décès de cette maladie qui freine considérablement le développement économique de l’Afrique.

C’est en Zambie, pays d’Afrique australe frappé de plein fouet par le paludisme (4 millions de cas cliniquement diagnostiqués par an dans le pays, 36% des hospitalisations et près de 20% de la mortalité chez les femmes enceintes) que le nouveau médicament a été testé avec succès.

L’équipe de chercheurs issus de plusieurs structures a en effet essayé le suppositoire à base d’artésunat sur des enfants zambiens âgés entre six mois et six ans, et souffrant d’une forme grave de paludisme dans le district de Serenje. Au bout de 12 mois (juillet 2017-juillet 2018), « les décès dus aux formes graves du paludisme sont passés de 8 à 0,25% », révèle l’équipe de chercheurs. D’après le site de santé scidev.net, « l’essai a connu un tel succès parce que sous forme de suppositoire, le médicament pouvait être administré même lorsque l’enfant était inconscient ou qu’il vomissait, ce qui n’est pas le cas pour les médicaments oraux ».

Compte tenu des dégâts causés en Afrique par le paludisme, la découverte de ce nouveau remède peut s’avérer salutaire pour les populations de cette partie du monde. En effet, la région africaine est la plus affectée par cette maladie potentiellement mortelle. Les chiffres sont d’ailleurs suffisamment évocateurs. « En 2016, 90% des cas de paludisme et 91% des décès dus à cette maladie sont survenus dans cette Région », révèle l’Organisation mondiale de la santé (OMS). En clair, sur les 445.000 personnes mortes de paludisme dans le monde cette année-là, 404.950 vivaient en Afrique subsaharienne dont une grande majorité d’enfants.

La maladie constitue en outre un sérieux obstacle au développement économique des nations africaines. Le déficit annuel de croissance imputable au paludisme était estimé en 2015 à 1,3% dans certains pays d’Afrique. Trois ans après, la situation ne s’est pas beaucoup améliorée. Quant aux pertes annuelles en termes de PIB, elles se chiffrent à plus de 12 milliards de dollars US.

Considéré comme une des causes du retard de croissance et du développement économique de l’Afrique, le paludisme ne cesse de perpétuer le cercle vicieux de la pauvreté sur le continent. Puisque des fonds qui auraient pu servir à la création d’entreprises et par ricochet à des milliers d’emplois, sont plutôt alloués pour combattre cette endémie qui tue un enfant toutes les 30 secondes dans le monde. A titre d’exemple, rien que pour la seule année 2016, le financement global destiné à combattre et à éliminer le paludisme était estimé à 2,7 milliards de dollars US. « Les contributions des gouvernements des pays d’endémie (pays africains pour la plupart, Ndlr) atteignaient 800 millions de dollars (US $), soit 31% du financement », précise l’OMS.

Par Joseph Samuel Zoé