Cameroun : Pas de coupure d’internet pendant la prochaine présidentielle

Le gouvernement camerounais dément la folle rumeur qui enflait sur les réseaux, annonçant l’indisponibilité de la connexion du 7 au 9 octobre 2018 sur l’ensemble du territoire national.

C’est à travers une mise au point rendue publique ce 10 septembre, que le ministre camerounais des Postes et télécommunications a tenu à clarifier les choses. Dans le document parvenu à plusieurs rédactions locales, Minette Libom li Likeng parle de « grossières manipulations et de fake news » au sujet d’une supposée coupure d’internet au Cameroun, en vue des travaux de remplacement de sa fibre optique entre le 7 et le 9 octobre 2018.

La rumeur qui s’est installée depuis plus d’un mois sur les réseaux sociaux par l’intermédiaire des lanceurs d’alertes, n’a cessé d’enfler. Déjà incriminée sur la question, la société de télécoms MTN Cameroon a apporté un démenti formel le 8 août en indiquant au public « qu’elle n’a envoyé aucun message de cette nature à ses clients » et que le visuel circulant sur les réseaux sociaux est un montage. L’opérateur sud-africain avait alors profité de la situation pour rappeler qu’il « n’est pas gestionnaire de la fibre optique au Cameroun et ne saurait par conséquent planifier des travaux de remplacement de celle-ci ». Mais seulement, cela n’a pas aidé à faire baisser les inquiétudes des Camerounais.

A l’approche de la présidentielle du 7 octobre, le gouvernement local était donc contraint de faire cette sortie pour dissiper le doute et démentir « formellement l’existence d’un tel projet » qui nuirait aux droits des citoyens, surtout en période électorale.

En effet, de nombreuses associations de défense des Droits de l’homme considèrent les coupures d’internet par certains pouvoirs comme une forme de répression politique et de musellement de la population. Or, cette pratique est devenue courante en Afrique, surtout en période électorale. On l’a notamment observé entre 2015 et 2016 au Congo, en République du Congo, au Gabon, au Tchad, au Mali ou encore au Cameroun dans les deux régions anglophones toujours en proies au violences des sécessionnistes, entre janvier et mars 2017.

Certes, les dirigeants de ces pays ont à chaque fois évoqué la préservation de la sécurité nationale pour justifier ces privations d’internet. Mais cet acte est en violation des nombreuses résolutions adoptées au niveau du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies (CDH-NU) et de la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples (CADHP) pour garantir le droit à la liberté d’information et d’expression sur internet en Afrique.

Par Joseph Samuel Zoé