CPI/Etats-Unis : Le Torchon brûle entre les deux camps

Le  lundi 10 Septembre  dernier, les américains ont menacé de  sanctions les juges et autres membres de la cours si elle s’intéressait aux militaires américains ou à ses allies. En guise de réponse, la juridiction pénale dit être déterminée  à continuer ses activités.

Les menaces  des Etats Unis contre la Cour pénale internationale (CPI)  remettent  au gout du jour la question de la pratique de la justice internationale dans le monde. La CPI peut-elle poursuivre les soldats américains pour crime de guerre en Afghanistan ? Telle est la question qui mérite d’être posée. L’Afghanistan est un Etat membre ayant ratifiée le traité de Rome le 03 Décembre 2003. A ce titre, tout crime susceptible d’être un crime  de guerre ou  génocide  peut intéresser la CPI. De par ses missions, elle est donc habilitée à poursuivre les soldats américains comme cela a très souvent été le cas avec certains anciens chefs d’Etat et chefs de guerre surtout  africains.

En 2011, lors de la chute de Laurent Gbagbo, le monde entier avait salué  son  transfèrement devant la cours  que certains aujourd’hui  jugent illégitime et en phase de nécrose.  Bien que  la Cote d’Ivoire  n’ait pas ratifiée le traité de Rome durant la mandature de Laurent Gbagbo, la Communauté internationale s’était levée d’une seule voix pour demander à la CPI de se saisir du problème.

Plus récemment, le président  Soudanais Omar El Béchir a été interdit de sortie du territoire Sud-Africain pendant un sommet le 25 Juin 2017 suite à plusieurs mandats d’arrêt émis par la CPI à son encontre. La même cour a jugé l’actuel président kenyan. Les hommes d’Etats africains peuvent être humiliés mais pas les soldats américains, quelques soient les fautes commises sur le sol étranger.

Créée  il y a  20  ans  par 123 Etats parmi lesquels les Etats-Unis et ratifiée par 60 Etats, la CPI se veut une juridiction pénale universelle permanente chargée de juger les personnes accusées de génocide, de crime contre l’humanité, de crime d’agression et de crime de guerre. L’institution exerce sa compétence si le  mis en cause est un citoyen  d’un État membre, ou si le crime supposé est commis sur le territoire d’un État membre d’une part et d’autres part, si l’accusation vient du Conseil de sécurité des Nations unies.
Les Etats-Unis viennent donc ainsi de confirmer ce que les Etats africains dénoncent depuis des lustres. En clair, cette cour ne s’intéresse guère à lutter contre l’impunité mais contre les gouvernements hostiles à l’exploitation servile  des pays moins avancés en occurrence les Etats africains. On est en droit de se demander pourquoi depuis le 10 septembre, aucun Etat membre de la communauté Internationale ne dit mot.

Par Simon Metsengue