Télécommunications : La 5G fait ses premiers pas en Afrique

Le Lesotho a été retenu par le géant sud-africain Vodacom pour tester la nouvelle technologie censée révolutionner le domaine des TIC sur le continent plus tard.

Depuis quelques semaines, le quotidien des employés de la Banque centrale du Lesotho et de la compagnie minière locale Letseng Diamonds va à mille à l’heure. Pour cause, les deux entreprises ont été retenues par le géant des télécommunications sud-africain Vodacom pour tester la 5G. Pour justifier le choix de ce petit pays enclavé d’Afrique australe, l’entreprise basée à Midrand en Afrique du sud indique que ce royaume de 2,2 millions d’âmes est le seul pays africain où la fréquence 3,5 Ghz n’a pas été attribuée à un opérateur.

S’agissant de la 5G, les responsables de Vodacom révèlent que cette technologie est moins coûteuse que la fibre optique et offre des capacités similaires. Ainsi, les premiers bénéficiaires de ce test ont droit à une connexion qui avoisine les 700 Mb/s. Une performance qui permet de télécharger un film en quelques secondes. « Pour nous, c’est un peu un test grandeur nature », a expliqué vendredi 7 septembre à l’AFP Andries Delport, responsable des nouvelles technologies chez Vodacom. « Il y a beaucoup d’intox sur les utilisations futures de la 5G. Elle va changer beaucoup de choses (…), on peut commencer à penser sérieusement aux voitures sans conducteur ou aux robots », a-t-il ajouté. « Je peux vous assurer que les habitants du Lesotho sont particulièrement fiers de tout ça ».

L’Afrique à l’heure des révolution numérique
Aujourd’hui en Afrique, la plupart des pays se battent encore pour migrer vers la 4G. Avec ces tests, le continent fait ses premiers pas dans la 5G comme d’autres régions du monde qui l’expérimentent déjà. Dans un communiqué publié à l’occasion de ce pas de géant effectué par Vodacom Lesotho, Shameel Joosub, le directeur général du groupe sud-africain Vodacom a affirmé : « ce que nous avons accompli au Lesotho est un exemple de ce qui peut être réalisé en Afrique, si le spectre requis est également disponible ». La fierté est de voir une entreprise du continent porter ce projet.

Bien qu’il soit encore long, il faut dire que le chemin n’a pas été facile vu les couacs observés par Vodacom en Afrique du sud. Depuis 2017, Vodacom et ses concurrents militent pour la libération des fréquences télécoms appropriées à leur besoin de répondre à la forte demande en connectivité internet exprimée par les populations. Mais le gouvernement sud-africain a annoncé que l’allocation de nouvelles fréquences télécoms ne devrait pas intervenir avant 2019.

Ailleurs, la course à la 5G s’est accélérée ces derniers mois, notamment en Corée du Sud, en Chine et aux Etats-Unis où la commercialisation est attendue rapidement. Au Japon, les autorités comptent introduire cette technologie d’ici 2020, année durant laquelle le pays va abriter les prochains Jeux olympiques.

Par Ange Atangana