Cameroun : La campagne présidentielle s’ouvre sous appels de fonds

Le top départ officiel de la course à la succession de Paul Biya sera donné ce samedi 22 septembre alors que certains partis de l’opposition notamment en quête de financements, rejettent les 15 millions de Francs CFA accordés à tous les candidats.

Pendant les deux semaines à venir, la vie politique camerounaise sera bouillante. Dès demain samedi, les prétendants au fauteuil présidentiel pourront officiellement débuter leur campagne électorale auprès des populations. Néanmoins, les fonds alloués par l’Etat suscitent une certaine crispation chez certains candidats.

Un problème de fonds

Bien évidemment pour se mouvoir sur le terrain comme ils le souhaitent, Paul Biya et ses challengers auront besoin d’une masse financière considérable. S’agissant du premier, nul ne doute qu’il aura de quoi faire campagne aisément. Plusieurs mois déjà avant mêmel’annonce de sa candidature, les soutiens du président mobilisaient çà et là d’impottants moyens financiers pour le « candidat naturel » du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC). Rien que dans la Lékié, un département considéré aujourd’hui comme un fief du parti au pouvoir dans la région du Centre, 50 millions de FCFA avaient été cotisés en quelques heures pour soutenir le candidat du RDPC. Un montant largement supérieur aux 15 millions accordés par le ministère de l’Administration territoire (Minat) pour le financement de la campagne de chaque candidat.

 Justement depuis l’annonce de la disponibilité de ces fonds le 18 septembre dernier, son montant fait grincer des dents au sein des états-majors de certains candidats à la présidentielle qui le jugent « dérisoire », « insignifiant » et même « une insulte », selon le camp d’Akere Muna. Ainsi, selon le quotidien Le Jour, les candidats Frankin Ndifor (MCNC), Serge espoir Matomba (PURS) et Maurice Kamto (MRC) auraient décidé de faire sans les fonds publics. Le candidat du MRC compte davantage sur ses compatriotes à qu’ils avaient demandé de contribuer à hauteur de  1000 FCFA chacun pour le financement de sa campagne.

Appels de fonds et subvention

Cette forme de fundraising a été initiée dans l’opposition par le plus jeune des candidats, Cabral Libii (UNIVERS), qui pour avoir les 200 millions nécessaires à sa campagne a accepté la subvention du Minat. Une enveloppe qui vient s’ajouter aux 20 millions qu’il a obtenu de ses compatriotes de la diaspora lors d’une récente tournée en Europe et aux Etats-Unis. Idem pour Joshua Osih du Front social démocrate (FSD, plus connu sous l’appellation SDF), qui a aussi empoché sa quote-part. Comme ses deux précédents adversaires, il a fait des appels à contribution pour l’accompagner durant les deux prochaines semaines.

 Au total, la subvention étatique pour chaque candidat s’élève à 30 millions. Selon le code électoral camerounais, une première tranche est décaissée (15 millions FCFA ici) suite à la publication des candidats retenus à concourir. L’autre tranche sera servie « proportionnellement » après la proclamation des résultats aux candidats ayant obtenu au moins 5% des suffrages exprimés.

 Le scrutin présidentiel au Cameroun se déroule en un tour, le candidat ayant obtenu la majorité des voix est déclaré vainqueur. La campagne qui s’ouvre demain samedi, s’achèvera le 6 octobre prochain à la veille du scrutin prévu dimanche le 7 octobre. Les résultats quant à eux seront proclamés dans un délai de quinze jours par le Conseil constitutionnel. La prestation de serment du vainqueur de la présidentielle a également lieu dans un délai de 15 jours après la proclamation des résulats.

Par Ange Atangana