Présidentielle 2018 : Les Camerounais découvrent à nouveau l’effervescence d’une élection

Contrairement aux trois derniers scrutins présidentiels, celui de cette année suscite étonnamment une plus grande adhésion populaire.

La campagne électorale bat son plein au Cameroun depuis son lancement le 22 septembre dernier. Les neuf candidats au fauteuil présidentiel ainsi que leurs états-majors sont sur tous les fronts, à la conquête de l’électorat disséminé à travers le pays. A l’observation, l’élection du 7 octobre suscite un réel engouement au sein de la population très présente lors des différents meetings politiques. Ce qui n’avait plus été le cas depuis les premiers scrutins post multipartisme tenus au début des années 1990.

Le fait est que de nouveaux leaders plus jeunes, ont émergé au sein de la classe politique camerounaise en général et de l’opposition en particulier. L’opposant légendaire Ni John Fru Ndi qui reste tout de même le chairman du SDF (Social democratic front), principal parti d’opposition, a décidé de ne plus se présenter à la course au palais d’Etoudi après trois échecs (1992, 2004, 2011) au profit de Joshua Osih, son vice-président désigné au terme d’une élection au sein du parti. Certes, d’’autres opposants de longue date comme Adamou Ndam Njoya ou Garga Haman Adji sont encore dans la course cette année. Mais les discours flatteurs de Maurice Kamto, Cabral Libii, Akere Muna ou encore Serge Espoir Matomba ont en effet suscité un regain d’intérêt pour la chose politique dans le pays.

Meetings et médias pris d’assaut

Sur le terrain, les meetings sont bondés de monde. Que ce soit lors des rassemblements du parti au pouvoir ou ceux de l’opposition. Cabral Libii, Joshua Osih, Maurice Kamto, Akere Muna ou encore Frankin Ndifor on pu réunir des milliers de personnes à Douala, Yaoundé, Dschang, Kribi, Edea, Bafoussam au même titre que Paul Biya à Maroua.

La bataille politique a également gagné l’espace numérique. Aidés par l’évolution des nouvelles technologies de l’information et de la communication, tous les candidats ou presque ont investi les réseaux sociaux. Ils ont certes des milliers de followers sur Twitter, mais le principal combat se déroule sur Facebook où l’on recense un peu plus de trois millions de Camerounais connectés. A travers les pages officielles des candidats, les internautes peuvent suivre leurs moindres faits et gestes soit en live ou à partir d’un post. « Les réseaux sociaux viennent rétablir un certain équilibre sur le plan médiatique. A titre d’exemple, seul le meeting du candidat du Rdpc (Paul Biya, Ndlr) a jusqu’ici été retransmis en direct sur la télévision nationale. Mais à travers Facebook, j’ai pu suivre en live d’autres candidats comme Cabral Libii et Maurice Kamto au cours de leurs meetings », lance Junior Essaga, étudiant.

Même s’ils sont moins animés, les médias classiques constituent eux aussi des espaces d’expression pour les différents candidats. Des programmes spéciaux ont été aménagés à cet effet dans les différentes chaines. Les plateaux de radio et de télévision sont ainsi devenus de véritables lieux de bataille entre partisans. Il n’est pas rare d’assister en direct à des joutes verbales lors d’émissions de débats. Chaque intervenant tenant à défendre contre vents et marées le programme de son champion.

Plusieurs manifestations sont encore prévues avant la fermeture de la campagne le 6 octobre à minuit.  D’ici là, les Camerounais pourront encore avoir de belles surprises avant d’aller choisir leur nouveau président dimanche.

Par Joseph Samuel Zoé