Afrique : L’intégration à petits pas

Le président éthiopien a annoncé que son pays délivrera désormais des visas à l’arrivée pour tout citoyen africain.

L’Afrique continue sa marche vers la libre-circulation. Lundi en ouverture d’une session au Parlement, le président éthiopien a indiqué que les voyageurs africains n’auront plus de soucis à se faire pour se rendre en Ethiopie. Mulatu Teshomo a en effet annoncé que les visas seront accordés à tous les ressortissants africains dès leur arrivée dans ce pays de l’Afrique de l’est. Cette nouvelle politique d’immigration de l’Ethiopie devrait couvrir l’exercice budgétaire 2018-2020, a précisé le président éthiopien.

Abritant le siège de l’Union africaine (UA), l’Ethiopie entend se conformer aux exigences de l’institution continentale. Celle-ci donne une bonne place à la libre-circulation des personnes et des biens dans son agenda 2063. A ce jour l’Accord sur la zone de libre-échange continentale (ZLEC) a été ratifié par 49 pays sur les 55 membres de l’UA.

Pour entrer en vigueur en janvier 2019 comme prévu, le document signé lors du sommet extraordinaire de Kigali en mars dernier devait être ratifié par au moins 22 pays. En tant que projet phare de l’agenda 2063 de l’Union africaine, le ZLEC vise à approfondir le processus d’intégration et de libre circulation des biens et des personnes. De ce fait, il envisage la suppression des visas entre les pays du continent pour ne laisser place qu’au visa unique de l’UA. Cette suppression n’est aujourd’hui effective que dans les regroupements régionaux comme la CEDEAO et la CEMAC.

De même, il permettra à terme la levée progressive des droits de douane sur 90% des produits pour booster le commerce intra-africain qui ne représente que 16% des échanges des pays du Continent. Avec l’instauration de cette ZLEC d’ici 2022, le commerce entre pays africains devra augmenter de 60%, équivalent à 35 milliards de dollars de plus. Pour l’heure, les citoyens africains peuvent seulement  voyager sans visa dans 22% des pays du continent selon un récent rapport de l’Union Africaine.

Avant l’Ethiopie, les Seychelles, le Rwanda, le Bénin et tout récemment le Kenya avaient déjà passé le pas en ouvrant leurs frontières à leurs frères africains. Cette mesure des autorités éthiopiennes intervient à quelques semaines du sommet extraordinaire convoqué pour novembre prochain par Moussa Faki Mahamat. En visite à Libreville le 17 septembre dernier, le président de la Commission de l’UA avait annoncé la tenue de ce rendez-vous qui sera axé sur le suivi des réformes en cours au sein de l’organisation.

Par Ange Atangana